Il y a eu la création d'une famille, puis un divorce, du "papillonnage", une famille recomposée et une nouvelle séparation. Et maintenant ? "Et comme les autres entre deux âges, J'ai perdu mon livre d'images, Alors... commença le passé"
mercredi 31 octobre 2007
Journal de bord de l’équipée à Paris, cinquième jour.
Les enfants sont ravis. Musée du Louvre, Invalides, Cité des Sciences, Cité nationale de l’histoire de l’immigration, Beaubourg (pardon « Centre Georges Pompidou »), les Halles…
Ils ont épuisés, ont mal aux pieds mais sont heureux. Je ne parle même pas du fait de partager repas et soirée avec mon oncle, ma tante et ma cousine, c’est la cerise sur le gâteau. Ce sont des divinités mes enfants ici.
Ce qui est épatant, c’est que quand ils parlent de leur mère, il n’y a pas de phrases assassines qui fusent : c’est un progrès. Je pense que ma cousine n’y est pas pour rien. C’est tellement mieux de ne pas mêler les enfants aux histoires des parents.
Nous rentrons un jour plus tôt que prévu. Je dois les déposer chez leur mère et revenir vendredi pour les obsèques.
Comme c’est agréable de les avoir pour moi tout seul mes enfants. Si j’osais je dirais que c’est un avantage indéniable de la séparation. Si j’osais… j’ose !!
lundi 29 octobre 2007
Marche avant, toute !!
Séjour riche en souvenirs.
Plein de photos des étapes de la vie de la famille (au sens large). C’est à dire celles qui datent d’après l’invention de la photographie, fallait-il le préciser...
Ma « fille petite » a pu compléter une partie de l’arbre généalogique de la famille. Pour la partie qui est du côté de ma mère, je crois qu’elle ne le sera plus jamais.
C’est amusant, ma fille petite est en pleine recherche des origines de sa famille, et en particulier de mon côté. Qui était qui ? D’où venait-il ? Plein de questions. Ce n’est pas anodin. Je crois qu’elle cherche des repères la puce. J’ai eu l’occasion de le dire dans un article précédent : elle n’est plus la « dernière » née du côté de sa mère et 3 personnes ont été ajoutées du côté de son père. C’est pour le moins perturbant.
Ce séjour est étrange. Au moment où je déposais mon père chez sa sœur – qu’il n’avait pas vu depuis 7 ans (les personnes âgées se déplacent réellement peu, tout devient tellement compliqué) – nous apprenions le décès de mon parrain. Joie et tristesse à nouveau mêlées. Pas très vieux mon parrain. Je ne pense pas qu’il avait 60 ans. Il doit y avoir plus de 20 ans que nous nous étions perdus de vue. Comment se fait-il que je n’aie eu, petit à petit, plus aucune relation avec ma famille ? Je n’ai pas la réponse et je ne vais pas la chercher maintenant. Ce que je sais c’est que les filles de mon parrain, sa femme, sa sœur sont terriblement tristes ce soir. Vraiment, il faut profiter de ce que l’on a. C’est idiot de dire ça. Mais tous les évènements de ce type confortent mon opinion sur le sujet : prends, savoure…blabla blabla blabla, vous connaissez, j’ai déjà dit tout ça, mais je risque de me répéter, encore… non, je suis sûr de me répéter !!
Je suis seul avec mes enfants. Je crois que la dernière fois c’était en août 2006. C’est bien agréable. Il ne connaissent pas bien l’endroit, alors ils sont timides, fragiles. Comme je les aime. Difficile de décrire l’amour que l’on porte à ses enfants. Les parents comprendront ce que je veux dire. Le regard émerveillé et un peu angoissé que l’on peut porter sur eux.
Mon amie me manque, je dois l’avouer. Pourtant j’ai raté son appel ce soir. Téléphone sur « silence », ma spécialité. Je l’ai tout de même eu ce matin et dans l’après-midi. Mais j’ai manqué notre petit appel du soir. Juste se parler pour conclure la journée. Que c’est cucul. Mais que c’est agréable ! L’amour ramollit, certes, mais il apaise aussi.
Autre chose curieuse aujourd’hui. J’ai l’impression d’avoir été « spectateur ». Comme si je voyais, en spectateur, ce que je vivais. J’ai l’impression d’avoir « gravité autour » de ma vie de ce jour. L’explication ? Mais je pense que c’est simple, je me ménage. Je vais en dire un peu plus. Ici - je veux dire chez mon oncle et ma tante - presque rien n’a changé depuis des années. Alors, je revois, ou je peux revoir plein de personnes ou de moments qui ne sont plus. Mon arrière grand-mère, ma grand-mère, ma mère, notre ancienne famille quand la mère de mes enfants, mes enfants et moi venions leur rendre visite, des anniversaires, des fêtes du nouvel an, des réunions de famille... La petite table du salon, le canapé, la grande table, la cuisine et même la salle de bain, tout peut me rappeler des gens où des situations. Et pour tout vous dire, moi qui avance sans me retourner depuis des années, ça me dérange…
vendredi 26 octobre 2007
Qualité vaut mieux que quantité
Grand voyage, mais pas en distance, non. Grand voyage dans le temps.
Je vais goûter des multitudes de madeleines de Proust. Et certains de mes enfants aussi.
Mon amie et ses enfants ne viendront donc pas. Nous n'avons pas le même système de garde pendant les vacances. Et puis, ce voyage où nous verrons « notre » famille et « nos » amis, n'aurait pas eu la même saveur pour eux. Il n'y a qu'un an que nous avons commencé à nous fabriquer des souvenirs communs. Avant, ce ne sont que des évènements de l'actualité que nous avons partager.
C'est amusant. Quand j'ai rencontré la mère de mes enfants, nous n'avions rien vécu ensemble. Le temps a passé et puis, un jour, nous avons fini par avoir passé pratiquement autant de temps ensemble qu'avec nos parents (nous nous sommes rencontrés au lycée et sommes restés ensemble très longtemps, l'équivalent de l'age d'un ado).
Notre petite famile recomposée n'existe que depuis à peine plus d'un an. Les aînés y vivront peu de temps. Les plus jeunes peuvent espérer y rester une dizaine d'années. Pour eux, ce pourrait être la famille où ils auront vécu le plus longtemps.
Quel est l'intérêt de ce message ? Juste d'expliquer que cette famille n'aura pas la même place et la même durée dans nos vies. Alors, quand on ne peut pas travailler sur la quantité, (la durée ici) on travaille sur la qualité, vous me suivez ?
mardi 23 octobre 2007
Un mauvais fils...
Ce qui suit, ne traite pas réellement de la recomposition d'une famille. Avant de commencer, une anecdote. J'ai reçu aujourd'hui une nouvelle voiture et les enfants de mon amie sont les premiers à y être montés. Je crois qu'elle est solide. Elle a résisté au test des vitres électriques, des pare-soleils, des tablettes, des poubelles, de tout en tas de choses dont j'ai compris le fonctionnement maintenant. Souhaitons que les tests que ne manqueront pas de faire les miens se passent aussi bien...
Voilà pour la parenthèse famille recomposée.
Donc, je vais bien et j'arrive même à penser à l'avenir. Je vous assure que pour moi, c'est pas mal. Un bel effort.
Seulement ma famille ne se limite pas à cette femme, ses enfants, les miens. Non. Il y a mon père qui vit à 5 heures de voiture et qui a bientôt 80 ans. Lui aussi c'est ma famille. Et les nouvelles ne sont pas bonnes. Je pensais le voir avec les enfants la semaine prochaine. J'irai d'abord le voir seul. Un de ses amis m'a dit qu'il perdait de plus en plus souvent la mémoire, était très amaigri et un peu « négligé ».
C'est curieux car je m'attendais à ce moment. Je le redoutais. Le moment où il va falloir que je trouve un autre logement plus près de chez nous. Vous me direz que c'est normal. C'est normal qu'un fils s'occupe de son père. Un bon fils pourrait même le prendre chez lui. Et c'est là le problème. Je vois bien que derrière les raisons que je trouve pour trouver un logement à proximité mais pas chez nous, il y a surtout des prétextes. Soit, nous sommes à 15 km de la première ville qui ressemble à quelque chose, soit, je pars en déplacement et mon père se retrouverait seul. Mais dans le fond, je ne souhaite pas que mon père vive avec nous. Depuis des années je peux à peine passer une semaine avec lui. Je lui en veux terriblement de ne jamais avoir fait le moindre cadeau à ses petits enfants. Rien, pas le moindre coup de téléphone pour les anniversaires ou pour Noël. Ça ne passe pas. Son égoïsme, sa façon de tout ramener à lui quand je lui parlais de quelque chose, c'est resté coincé.
Mais c'est mon père et je l'aime. Mais je ne suis pas proche de lui. Je l'aime à distance. J'aime partager un petit moment de temps en temps, discuter au téléphone. Ça me rend triste, c'est sûr. Je vois bien qu'un jour ou l'autre, il n'y aura plus de questions à se poser, qu'il sera trop tard.
Je suis sûr qu'il m'aime beaucoup et qu'il m'a beaucoup aimé. Mais les enfants ont besoin que l'on soit disponible pour eux, qu'on les écoute, qu'on les valorise. Ça, grace à lui (en quelque sorte), je l'ai compris. Quand mes enfants veulent me montrer quelque chose, j'y vais. Pour eux c'est important, très important.
Alors, je réfléchis, en essayant de laisser de côté mes émotions. Vaut-il mieux une maison de retraite où il y aura des gens toute la journée mais avec un côté un peu impersonnel ou bien libérer une chambre ici dans une maison où il n'y a personne de 8h00 à 19h00 ?
Première étape, joindre son médecin...
Finalement, le côté particulier d'une famille recomposée, c'est juste le noyau, le coeur. Tout ce qui gravite autour est terriblement classique.
samedi 20 octobre 2007
Et le ballon surgit de l'eau...
En lisant son dernier article, je me suis souvenu de quelque chose. Je me suis souvenu de quelque chose que j'avais enfoui, dans les tréfonds de ma mémoire (ça sonne bien, non ? Ça a un peu une dimension dramatique).
C'est curieux l'être humain. Ce qui dérange, on se le cache. On se le cache tellement bien qu'on l'oublie (on croit l'oublier). Et puis un jour, plus ou moins sournoisement, ça refait surface. Ça « surgit » d'un coup. L'image qui me vient, c'est celle d'un ballon que l'on enfonce dans l'eau. Tant qu'on le maintient, il n'est plus visible. Quand il s'échappe, il remonte, violemment.
Je me suis donc souvenu que quand nous nous sommes quittés, mon ex-femme attendait un enfant. Elle ne l'a pas gardé. Elle suivait un traitement médical qui n'était pas sans risque pour le foetus. C'est ce qu'elle a dit.
Je me suis aussi souvenu que je ne l'ai pas cru. J'ai pensé : elle ne sait pas qui est le père.
Et puis, j'ai enterré.
vendredi 19 octobre 2007
Droit de quoi ?
Voilà deux matins que j'emmène la grande ado au lycée. Elle arrive à 9h00 pour un début des cours à 8h00 et moi à 10h00 au bureau.
Hier matin, c'était prévu : pas de train, grève intense.
Ce matin, ce n'était pas prévu. Les annonces disaient : grève finie. Quelques perturbations mais tout rentre dans l'ordre progressivement. J'ai du mal comprendre le sens de « quelques perturbations ». Pour moi ça ne voulait pas dire « pas de trains ».
Alors le droit de grève, je suis pour. Je n'oublie pas non plus que j'étais un peu rebelle quand j'étais plus jeune (ensuite, je suis rentré dans le rang – ou dans le moule, comme on veut. Avec 4 enfants, c'est plus facile d'avoir une vie de cadre qu'une vie de rebelle) et j'étais forcément contre l'exploitation, et contre le capital, et contre le système, et contre... etc, rien que du classique. Donc, droit des travailleurs, pas de doute la-dessus, il me reste au moins ça.
Mais quand :
- ma fille arrive en retard en cours deux fois de suite, et que forcément l'enseignante a prévu un DS – comprendre devoir surveillé le matin (elle ne doit pas savoir ce qu'est la grève. Pourtant, il me semble que... non rien, je vais être médisant);
- j'arrive en retard au bureau et que du coup, pour compenser, je pose des congés (mais je vais devoir bosser ce week-end pour rattraper mon retard);
- je regarde le décalage qu'il y a entre le droit de grève de certains et celui des ouvriers d'une usine (s'ils font la grève, ça gène qui ?),
je me dis qu'il y a quelque chose qui ne tourne pas rond. Une sorte de décalage.
Vous me direz qu'il faut être solidaire : je répondrai « m... »..... je ne répondrai rien pour être poli !!
Vous me direz que j'aurais du m'organiser autrement (déposer ma fille ado à 7h00 au lycée pour pouvoir être de retour à la maison pour déposer les 2 autres en primaire et au collège à 8h20) : là encore je ne répondrai rien.
Imaginez juste un instant que des grévistes d'une entreprise décident d'occuper les voies dans une gare SNCF. Je me demande de quelle preuve de solidarité seraient capable les agents.
Droit de grève oui, droit de nuisance, non, certainement pas.
J'ai été « soft », fermons la parenthèse, ça risque de ne pas durer...
jeudi 18 octobre 2007
Un bébé !!
Les enfants (les miens, les siens) seraient contents. Ils aimeraient bien, ils en parlent parfois.
Mais voilà. Plus le courage.
Je crois qu'il y a un temps pour tout. Faire un enfant, c'est facile (c'est même assez agréable...). Le mettre au monde c'est plus dur (je vous assure que c'est assez dur pour le père aussi, même si ça n'a rien à voir avec la douleur de la mère, on est d'accord. On se sent parfaitement inutile, incapable de soulager la douleur de la mère, et forcément un peu responsable - sans la petite "graine" rien de tout ça) et l'élever, je n'ose même pas en parler... !!! Les angoisses des premiers mois (le doigt sous le nez pour sentir sa respiration) mais aussi le manque de sommeil, les couches, le mitosyl, le truc rouge dont j'ai oublié le nom (éosine ?), les biberons (le pot de lait qu'il faut trouver en urgence le dimanche), le siège auto, le lit pliant... J'arrête, vous connaissez.
Et quand ça devient plus grand, ça ne devient pas plus simple mais, mais, mais... mais ça devient un peu plus autonome et par conséquent, ça libère du temps aux parents !!
Alors, c'est dit, je suis devenu égoïste et les moments que je peux trouver pour faire des "trucs" rien que pour moi, sans culpabiliser, j'y ai pris goût !!
Les moments où l'on peut être tous les deux avec les enfants qui sont occupés plus loin (mais dans notre champ de vision forcément) et pas dans nos pattes, je les aime !!
Je vais même être encore plus dur : Les semaines sans garde où nous sommes tous les deux seuls, je ne voudrais pas les perdre.
Et pourtant, je vous assure que j'adore les enfants et que mon amie serait une parfaite jeune maman.
Mais comme en plus, elle est d'accord avec moi : on en reste là !!