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mercredi 28 janvier 2015

Single

Je suis un grand procrastinateur. Un très grand procrastinateur...

Mais aujourd'hui j'ai avancé.

Une association va passer tous les jours de la semaine vers l'heure du repas, pour s'assurer que mon père va bien, qu'il ne va pas oublier de manger et pour faire un peu de ménage.
Il me faudra pendant ce temps trouver une maison de retraite. Cela va me donner un peu de répit.
C'est une question de sécurité.

Et puis mon amie et moi avons discuté. Calmement, comme des adultes, sans haine, sans animosité.. Le constat est commun, nous ne nous amusons pas. Plus d'étincelles, plus d'impatience, pas d'effort. Sans être malheureux, nous ne sommes pas heureux. L'autre ne nous apporte pas le réconfort qui nous manque.
Nous nous donnons un délai pour en rediscuter, pour la forme, mais nous allons nous séparer.

C'est mieux ainsi.

Mais j'avoue que le long célibat qui va suivre me fait peur.

Car il sera long. Rencontrer des gens n'est pas simple et mon milieu sportif est assez masculin.

La nouvelle jeune sportive et moi échangeons des sms toute la journée. Elle a un copain. Depuis juillet. Tout va bien dans leur relation. C'est très clairement annoncé Elle écrit de la sorte à trois personnes : Sa meilleure amie, son copain... et moi. Une jeune femme peut donc communiquer de façon - comment dire ? - assidue avec un homme plus âgé, sans arrière pensée.

Il n'y a pas d'âge pour apprendre...

dimanche 30 novembre 2014

Partir ensemble pour pêcher la tendresse*

Si on m'avait dit qu'à 50 ans on pouvait être sentimentalement en détresse, je ne l'aurais pas cru.
50 ans c'est vieux, on est en couple, rien ne se passe.
J'ai vécu dans un milieu sans doute très ménagé quand j'étais jeune à tel point que c'est l'image que je m'étais formé de la fin du deuxième age : Stable en tous points.

Je crois que je n'ai connu qu'un divorce. Deux peut-être.

Et maintenant, ce désastre. ça virevolte dans tous les sens. Des célibataires, des couples défaits, des reconstruction, rien que du mouvement permanent de je te quitte, on s'installe, tu me quittes, je reviens (parfois), je repars (souvent), on essaye, je te cherche, tu la (le) trouves.

J'aimerais vraiment qu'elle soit plus démonstrative. Des fois, comme en ce moment, ça me pèse. ça doit bien exister des femmes qui disent "je t'aime", "mon chéri", "tu me plais", "je suis bien avec toi" (sans se forcer bien sûr) ? Une femme qui sache poser sa tête sur mon épaule, se blottir dans mes bras, passer sa main sur ma nuque.

Une femme qui sache être tendre.

Il doit y en avoir. Une qui aimerait être tendre avec moi. Parce que si c'est avec un autre, je m'en fiche un peu... Ou alors je suis un machin impossible à aimer.

Alors je pense aux histoires d'amour que je n'ai pas vécu, à celles que je ne vivrai pas. J'essaye d'imaginer. Aurait-elle été douce, au moins de temps en temps ?

C'est très difficile pour un homme d'avouer qu'il a besoin d'attention et de tendresse : Un homme c'est fort ! "Même pas mal".
Oui, d'accord pour prendre des décisions, d'accord pour être responsable, fiable, rassurant, etc. Mais d'accord pour recevoir des marques d'amour aussi.

J'ai parfois l'impression d'être un mendiant pleurnichard :"Dis Madame, tu n'aurais pas un peu de tendresse pour moi ? Tu veux pas venir dans mes bras ? On pourrait se faire un gros câlin, non ? Tu veux pas ?".

Et je regarde et j'imagine.

Et je ne fais rien...




*La chanson de Brel dit : "Partant ensemble pour pêcher la tendresse". Mais je ne reprends pas l'image des "navires" ennemis" bien que la chanson me paraisse très juste. Je ne donne pas le titre ? Et bien non, tu as internet n'est-ce pas ? ;)

vendredi 28 novembre 2014

une vieille histoire

Je l'aime bien ce blog. J'en parlais avec une amie cet après-midi.

C'est un peu comme un appartement dans lequel on a vécu beaucoup de choses, que l'on a quitté et dans lequel on revient.
Il est vide quand on rentre et les murs sont blancs.
Il est tout de même chaleureux, on s'y sent bien.

Et puis rapidement des souvenirs reviennent. On se souvient où étaient les meubles, on se souvient des bruits, de certaines odeurs.

Ce blog contient à peu près 7 années de ma vie. Un peu plus même car j'y parle aussi de ce qui est antérieur à sa création.

J"ai beau avoir passé le demi siècle, 7 années représente tout de même 14% de ma vie. C'est modeste mais ce n'est pas négligeable. Surtout que ces années ont été riches en changement. Du moins je le trouve. Et très certainement riches sentimentalement.

Je n'ai jamais réussi à tout dévoiler. J'ai gardé des détails ou des réflexions. Après tout, il est publique.

J'avais commencé un autre blog où je décrivais de façon assez crue l'aspect intime de mes relations avec certaines des femmes que j'ai pu croiser. Un besoin de décrire des situations parfois surprenantes et pas toujours agréables. La façon dont les êtres en pleine excitation sexuelle se comportent. La face cachée, travestie, la face animale.

C'était très cru. Mais pas vulgaire. Une période où je me prenais pour un Houellebecq en herbe... Une leçon de choses où l’élément  de départ était souvent une paire de fesses. Un cul quoi. L'idée abstraite je ne sais pas. Y en avait-il ? Une réflexion sur l 'instant où tout bascule, où tous nos vernis craquent.

Raconter ce qui ne se raconte pas m'attire toujours. Il est fort probable qu'un jour je me lâche à décrire ce que nous savons tous, ce que nous vivons tous, mais que nous n'imaginons pas facilement des autres. Mais ce ne sera pas ici.

Je dois trimballer sur ce blog, l'image d'une espèce de séducteur (dans le sens de celui qui essaye de séduire), pas très fiable, grand amateur de jupons, portrait type de l'homme que l'on ne voudrait pas dans sa vie.

Pourtant, je suis d'une fidélité remarquable. Une fidélité plus raisonnée qu'assumée. Je suis tiraillé entre mes principes - le plus fort étant celui de ne pas faire à autrui ce que je ne voudrais pas que l'on me fasse - et cette conscience aiguë de l'aspect éphémère de la vie.

Je voudrais... mais je peux point !

Et puis, longtemps j'ai espéré un amour parfait. Un couple comme un diapason.
Jusqu'à ne plus le considérer que comme une chimère.
Il m'arrive pourtant parfois, en rencontrant une femme, de penser un instant que ce pourrait être elle.
Brièvement, comme un enfant qui croit qu'il va avoir un cadeau ou se met à espérer une bonne note qu'il ne peut pas avoir.

Mon amie ? Mais si, je la respecte. C'est vrai qu'elle me fait souffrir parfois. Moi qui voudrais des montagnes de tendresse et elle qui ne sait pas en donner. L'amour est mystérieux. Il n'est pas rationnel.

Ce soir, je sens comme un vide. Un besoin d'intimité tendre partagée. Non je ne parle pas de copulation. Je parle d'être à deux dans une bulle pour un instant volé au temps.

mardi 8 avril 2014

Suite ou fin ?

Nous avons discuté de cet épisode du restaurant.
Elle était bien consciente de l'absurdité de la situation.
Sa fille ne voulait pas manger avec nous car sa sœur et Miss Ado discutent sans lui accorder la moindre attention quand elles se voient. Mais elle voulait manger au Smokey Bones.

Mon amie aurait dû donc choisir entre lui imposer soit un repas en commun, soit un autre restaurant.

Elle aurait aussi pu m'en parler.

L'affaire à fait ressurgir de vieux fantômes. Elle a mis en évidence le peu d'intérêt de notre vie "de couple".

Il est vrai que je n'ai pas grand chose à offrir. Et qu'elle n'est pas très démonstrative.
Pourtant, des sentiments demeurent. Sinon, nous ne serions plus ensemble depuis longtemps.

Depuis, nous réfléchissons. Essayer de repartir différemment ? Ou mettre fin à l'histoire ?

dimanche 6 avril 2014

Nul et archi nul

- Tu as qui finalement ce soir ?
- Miss Ado. Et mon père bien sûr.
- Vous allez manger où ?
- Au "Smokey Bones" je pense. Et que faites-vous ce soir ?
- C'est l'anniversaire d'Isabelle demain, on va manger dehors aussi, mais Isabelle voudrait que nous ne soyons que toutes les trois. Sinon je t'aurais proposé que l'on mange ensemble.
Je ne trouve rien à répondre à cela, vouloir se retrouver entre filles - mère et filles - pour un repas d'anniversaire, pourquoi pas.
- Ok, on se rappelle plus tard parce que là je suis au bord de route, je suis en moto, il y a du trafic et c'est très bruyant.
- D'accord, bonne balade.
- Merci, mais je vais rentrer, il est déjà 18h30.

Des mois que je n'avais pas sorti cette moto. Je me suis fait voler mon vélo de route (on ne dit pas vélo de course) la semaine dernière, dans ma cour, devant ma porte. Je ne le laisse jamais dehors et cette expérience me prouve que j'ai raison. Mais là, je l'ai fait... J'habite dans une impasse, dans un quartier calme. Mais dimanche dernier, au retour de l'entrainement avec le club, j'étais fourbu. 77 km à suivre les flèches comme je pouvais, me faisant distancer dans les côtes, sans pouvoir m'accrocher au peloton, redoublant d'effort dans les descentes (du bonheur) et sur le plat pour "recoller" au groupe, m'avait passablement fatigué.
J'ai posé le vélo devant la porte, pour le nettoyer, et puis j'ai pris une douche et j'ai dû préparer à manger pour l'aîné des aînés, mon père.
J'ai oublié le vélo... Je ne sais pas quand il est "parti", mais en fin d'après-midi, quand j'ai ouvert la porte, il n'était plus là.
Ce n'est qu'un vélo. Il y a plus grave. Bien sûr. Mais c'est contrariant. Nette augmentation des vols dans la ville et les communes alentours. Une connaissance travaillant au tribunal l'a confirmé sans peine. Des vols parfois commis par des enfants, l'adulte attendant plus loin.
ça n'arrange pas mon opinion sur la prolifération de la racaille et des incivilités. Vols de vélo, de mobilier de jardin de tout ce qui peut se revendre. Parasites malsains qui génèrent un sentiments d'insécurité tout aussi malsain. Méfiance, défiance. Nous n'allons pas vers la fraternité et la tolérance.

J'ai pris l'autoroute pour rentrer. Retrouver une position confortable sur cette machine trop nerveuse et trop rapide. A 130 km/h, je ne suis qu'à 46% de sa vitesse maximale. Mais non, ne pas tourner la poignée, ne pas me transformer en délinquant de la route, ne pas mettre ma vie en danger non plus. C'est frustrant mais ce n'est pas nouveau. Il y a des circuits pour lâcher les chevaux. Je double juste une voiture qui se met à accélérer quand je la dépasse - phénomène que j'ai souvent observé, comme si on attentait à l'honneur du conducteur en dépassant son véhicule, sorte de prolongation en tôle et pistons de lui-même - et "m'oblige" à risquer l'infraction (non, honnêtement, le risque à lui aussi été dépassé...).

Quand j'arrive à la maison, la porte s'ouvre. Il est 19h et quelques minutes. Mon père ouvre la porte avant que je n'ai posé les eux pieds au sol. C'est l'heure à laquelle il ouvre toutes les portes pour trouver une personne qui le renseigne sur l'imminence du repas. Et comme il a entendu un bruit de moteur, il a ouvert la porte d'entrée, sans aucune vérification, malgré la mise en garde placée sur les verrous, écrite en grosses lettres, qui précise de n'ouvrir à personne et malgré le rappel des consignes faites plus tôt dans l'après-midi. La tête ne retient plus grand chose et les raisonnements, les réflexions sont souvent absentes, de plus en plus souvent absentes. Les réactions sont instinctives : J'entends un bruit, je vais voir. On sonne ? Je vais ouvrir.

J'appelle Miss Ado.
- Ma grande, on va aller manger dehors.
- On y va là ? Demande mon père.
- Oui, juste deux minutes, je change de blouson et de chaussures, mais on y va effectivement maintenant.
- Je vais aller aux toilettes alors.
- D'accord, vas aux toilettes.

De la voiture, dans la cour, je décroche le téléphone, dont la sonnerie raisonne dans les haut-parleurs.
- Vous êtes déjà au resto ? Me demande mon amie. j'entends un brouhaha derrière elle.
- On y va là, je viens de rentrer.
- Nous y sommes déjà. Nous sommes au Smokey Bones, Isabelle voulait manger là. on va peut-être s'apercevoir.
- On ne va pas se retrouver dans le même restaurant à deux tables différentes, c'est nul ! Ma voix doit montrer une certaine contrariété.
- Isabelle voulait que l'on mange toutes les trois ensembles. Ce n'est pas grave si on se croise, on se dira bonjour.
Non, ça ne risque pas d'arriver. Je maintiens, c'est nul. Je raccroche en abrégeant la conversation. C'est nul, archi nul. Et cette fois je suis d'avoir raison. Nul et re-nul.

Dans la voiture c'est le silence.
- Où allons-nous ?
Je pose surtout la question à Miss Ado qui comprend que nous n'irons pas au Smokey Bones. Elle a acquiescé mon jugement de la situation.
- On va où vous voulez dit gentiment mon père.
- Oui, on cherche une idée. Tu as une préférence ma grande ?
- Non, je ne sais pas trop.
- Tu connais l'Xcellence ?
- Non.
- On pourrait essayer. C'est moyen mais ça ira.
Je tente de me souvenir s'il y a sur la carte un plat "mou" pour mon père, un plat qui évite qu'il ne crache dans son assiette les morceaux trop durs...
- On va où vous voulez, répète mon père. C'est toujours bien où nous allons.
- C'est gentil, on cherche encore.
Et nous passons devant le "McDaffyDuck"*. J'y gare la voiture. Miss Ado ne voit pas d'inconvénients à manger un burger et une glace. Je prends une salade mais je prends aussi une glace. La bouffe me défoule. Plus d'alcool, plus de cigarettes, pas de baise, alors je bouffe du sucre.

En partant, mon père me dit : "C'est moi qui vous invite".
- C'est gentil papa, mais ici on paie à la commande...
Mais c'est effectivement gentil. Surtout que je surveille mes dépenses depuis hier. J'ai gagné un rappel d'impôts sur 3 ans. Et je n'ai rien à dire. Je me suis effectivement trompé de cases. Au lieu de remplir la 6YQ, j'ai rempli la 7ZT*. Jolie somme à rembourser. Du coup, le projet de vacances s'est envolé. Une lettre, un chiffre et un touriste en moins.

De retour à la maison, je me demande comment expliquer à quelqu'un qui n'a pas le même jugement que vous,  qu'une situation vous paraît anormale ? Manger en même temps dans le même restaurant quand on est "ensemble", c'est aberrant. Notre relation serait secrète, passe encore. Mais non, nous nous connaissons tous et il n'y a pas d'incompatibilité d'humeur connue.

Il faudrait se rendre à l'évidence. Avoir le courage de lui dire que ça ne ressemble à rien. Mais le pire c'est que la dernière fois que j'ai évoqué ce point, elle ne semblait pas vouloir d'une rupture. Par lâcheté ? Ou parce que la situation lui convient ?

Ne pas vouloir la contrarier en ce moment à cause des problèmes de santé de son père et des siens va trouver ses limites.

Moi, je n'ai pas envie d'un truc tiède, insipide et informe.
J'ai 50 ans mais je vis. Je peux vibrer - je l'ai constaté - être heureux et malheureux, sentir mon cœur s'emballer, désirer, être aimer et aimer.

Vivre avant de mourir, ça me semble assez sensé et logique. D'abord vivre. Le temps de mourir viendra forcément un jour. Alors, penser à vivre. Emettre et recevoir des émotions vives.

Le jour tarde à poindre avec ce changement d'heure. Déjà plus de trois heures d'éveil. J'avais dit que j'irai courir. Faire au moins 15 km pour changer des séances courtes. Vite, recharger les batteries de mon  lecteur mp3. Et puis recharger les miennes ensuite.


*Les cases ont été changées...
**Le nom a été changé...