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samedi 8 octobre 2016

Du sable...



Du sable…

C’est donc ça une vie. Elle s’écoule et puis un jour on  prend conscience de sa brièveté. Et cette idée ne vous quitte jamais plus…

 J’y pense chaque jour maintenant. C’est court une vie, quelle que soit sa durée réelle. Longtemps on croit qu’on a le temps. Mais non, on n’a jamais le temps, même à vingt ans, même avant. Car tout ce qui nous entoure est mort l’instant après qu’on l’ait vu. Le présent n’existe pas. Il est cette limite abstraite entre ce qui a été et ce qui sera.
A peine a-t-on l’impression d’avoir saisi l’instant qu’il s’est déjà enfui.

Les photos, les films, nous montrent cette inéluctable marche du temps.
Tous ces gens, ils n’existent plus, ils ne sont plus ce qu’ils étaient.

Ces enfants jeunes, jamais plus je ne le verrai, jamais plus je ne les embrasserai, je ne le serrerai dans mes bras. Les châteaux de sable que je n’ai pas fait, les bains de mer que je n’ai pas pris avec eux, ils ne reviendront pas. Ces enfants, les miens, ont maintenant l’âge d’avoir des enfants. Il faut que je leur dise de ne rien manquer, que je leur dise de vivre l’instant « présent », d’être « présent » dans le « présent ».

Cette jeune fille sur cette photo, cette jeune femme sur celle-là, jamais je ne les connaîtrai. Je les aurais aimées, j’en suis sûr, comme j’aime celle qu’elles sont devenues,  celle que j’aime aujourd’hui. Elle aussi me dit qu’elle aurait voulu pouvoir faire des projets vagues sur une vie future dont on peut ne pas deviner la fin. Imaginer des chemins flous, des directions vagues, en se disant « pourquoi pas ? », sans essayer de séparer le rêve de l’impossible.

Mais ce qu’il reste de la route est moins drôle. Le déclin, dans la dignité si cela est possible, mais le déclin amorcé depuis des années se fait moins discret jour après jour. Ses marques ne sont plus niables.

Oui, c’est ça une vie. Longtemps on croit qu’on a le temps et puis un jour on comprend que non. Et cette idée s’insinue dans tout, se répand comme des flots boueux qu’aucun obstacle ne peut contenir.

Profiter de ce qui reste ? Evidemment. C’est ce qu’il faut faire. Mais cette insouciance perdue, cette conscience de la mort, plombe tout ou presque.
Et comment accepter de perdre son temps quand on sait qu’un jour il ne restera rien ?

Inutiles, futiles, stériles, voilà ce que sont la majorité de nos actes.
Je vois bouger les autres, je les entends parler, je vois comment ils sont entre eux, ces mensonges, ces calculs, cette violence, cette haine,  cette rage

« - Et de longs corbillards, sans tambours ni musique,
Défilent lentement dans mon âme ; l'Espoir,
Vaincu, pleure, et l'Angoisse atroce, despotique,
Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir. »
Charles Baudelaire, « Spleen ».


mercredi 15 avril 2015

Infierno

Pour être honnête - et même si j'écris rarement en ce moment - c'est plus pour vous que pour moi je poste cet article.


'C'est qui vous ?"


Vous ? Ce sont les lectrices (le masculin n'a pas lieu d'être dans le cas présent) qui me suivent plus ou moins régulièrement. D'une façon ou d'une autre "vous" faîtes partie de mon environnement. Certaines sont très présentes, d'autres l'ont été, pour des échanges de natures très différentes. J'ai plus de regrets que de remords dans ce domaine.


Nous en sommes à un stade ici - ici chez moi - où une personne de la croix rouge passe trois fois par jour. Mon père ne se lève pratiquement plus et généralement il a besoin d'une personne pour le soutenir.
Hier, on l'aidant à aller aux toilettes, en l'aidant à baisser son pyjama, en l'aidant à le remonter, en voyant les couches dans l'entrée, je me suis dit, ça y est, c'est reparti.


C'est reparti comme quand ma mère était malade - 30 - 35 plus tôt - et que je la portais jusqu'aux toilettes.


Combien de temps encore ? Un certain temps. Car "c'est parti" pour le maintien au domicile jusqu'à la mort. La sienne ou le mienne, je ne sais pas.
Ce vieil égoïste qui ne voulait pas de la maison de retraite et n'a jamais souhaité un anniversaire de ses petits enfants, aura réussi à partir en nous entrainant lentement vers l'enfer.


C'est parti pour le matelas anti-escarres, le lit "médical", sans doute la chaise roulante. Tout ce que nous avions pour ma mère.
Viendront avec les perfusions, les piqures, les soins médicaux quotidiens.
Je me rappelle de tout ça.


Je ne pense pas à sa souffrance ? Mais si j'y pense. Je crois avoir fait tout ce qu'il fallait quand il le fallait ? Absolument pas. Seulement je porte un regard peu clément sur cet homme qui a su rester absent longtemps pour ne réapparaitre que quand il avait besoin de nous.
Cet homme qui n'a voulu qu'un enfant par pur égoïsme contre l'avis de ma mère.
Cet homme qui ne s'est jamais intéressé à nous mais n'a fait que nous parler de lui, de lui et de lui.


Alors je m'occupe de lui parce que c'est un être humain, faible, sans défense et que l'égoïsme ne justifie pas la souffrance.


J'ai abandonné tout espoir de rencontre. Qui voudrait d'un homme qui s'occupe de son père, ne part pas en vacances, ne part pas en week-end, rentre maintenant du travail à 20h ?
Je vais à des rendez-vous quand on me sollicite, j'offre des cafés, je fais des promenades mais je me rends compte que je le fais avec des femmes qui ne me plaisent pas, comme si je voulais éviter impérativement de rencontrer quelqu'un et de devoir lui livrer mon "secret". Je ne contacte plus les profils qui me plaisent le plus.


Je parle, je rigole, je suis agréable, le moment partagé est agréable.


Quant à rencontrer des personnes sans site de rencontre, je crois qu'il faut venir prendre ma place pour réaliser que ce n'est pas vraiment possible. Je n'ai même plus le temps de m'entrainer en ce semaine, je finis trop tard.
Samedi, le matin c'est piscine,, course à pied éventuellement, les courses à midi ou en début d'après-midi, différentes tâches domestiques, puis le repas du soir. J'essaye d'aller voir des concerts vers 21h mais je ne fais pas partie des dragueurs. C'est comme ça et ça ne changera pas. Et puis, cette espèce de faune de la nuit ne me plait pas spécialement.
Dimanche matin repos ou sport, repas, sieste après manger (je dors mal et suis dans un état de fatigue assez prononcé parfois) et si je peux un café pour un rendez-vous avant de revenir à 19h préparer le diner.


Voilà; Je suis en retard pour aller au bureau. Mais j'ai posté un message. J'espère que "vous" apprécierez....
Et même si je les lis avec toujours beaucoup d'intérêt, je ne réponds pas vraiment aux messages, au moins pour l'instant.


J'espère que "tu" vas bien...

lundi 16 mars 2015

Envies

J'ai envie que l'on me trouve beau, et drôle, et gentil, et intéressant, que l'on veuille passer du temps avec moi, que l'on veuille me toucher, que l 'on me désire.
.
Et j'ai envie d'aimer, passionnément, sans limite.

dimanche 15 février 2015

Elle est comment cette pomme ?



Il était petit et rondouillard, jovial. Pas gros, mais avec un ventre qui tirait sur sa chemise blanche, sortait de son costume noir et sur lequel était posé une cravate rouge  La cinquantaine, certainement. Un visage rond, un petit nez, un peu rond aussi, des pommettes un peu rouges, de celles de ceux qui boivent plus que nécessaire. Une calvitie qu'il cachait avec des mèches tirées de la couronne et plaquées sur le sommet du crâne.


J’ai pensé à une caricature de représentant de commerce.


 


Il marchait dans la galerie marchande du supermarché.


 


Ces pas étaient petits, rapides. J’imagine qu’il avait aussi des petits pieds.


Il tenait une bouteille de champagne.


 


Avec lui se trouvait une grande fille noire, plus jeune, avec des formes généreuses qu’une robe noire en coton, très moulante révélait  volontairement. Sa taille était serrée par une ceinture rouge. Du même rouge que celui de la cravate du petit rondouillard. Elle avait de hauts talons et des semelles compensées qui lui donnaient une démarche absolument pas naturelle et un peu ridicule. Comme quand on marche sur la pointe des pieds, pieds nus. Elle tanguait et semblait chercher son équilibre à chaque pas.


 


Sa robe était  fendue d’un côté, bien plus haut que la cuisse, à tel point que l’on était presque étonné ne pas apercevoir, au départ de la fente, sa culotte.


 


Bien que longue, arrivant juste au- dessus de la cheville, la robe remontait sur ses hanches, lui imposant, en plus des efforts développés pour avancer sur ses échasses, de la tirer vers le bas, à droite, puis à gauche, puis à droite, puis à gauche..


 


En début d’après-midi, la galerie commence à se remplir à nouveau. Mais elle n’était pas assez pleine pour que ce couple improbable puisse passer inaperçu. Lui ne le cherchait pas à priori. Il semblait se pavaner. Il regardait à droite et à gauche, probablement convaincu de faire des envieux.


 


J’ai pensé qu’il ne fallait pas juger. Ne pas se demander ce qu’ils faisaient ensemble.  Etaient-ils ensemble d’ailleurs ? Il marchait côte à côte, c’est tout. Le reste ne pouvait être qu’interprétation. Mais j’ai éprouvé un peu de pitié pour ce petit personnage.  Car manifestement, il était très fier de se promener avec cette fille dont la tenue et la démarche me semblaient plutôt vulgaires.


Après tout quelle importance ? S’il était heureux. Et même s’ils étaient ensemble et qu’elle ne le soit que par intérêt et non par amour, quelle importance ?


 


Finalement, ce qui est important, c’est d’être heureux, d’éprouver une satisfaction à l’instant que l’on vit. Etre aveugle. Caché aussi car c’est bien souvent le regard des autres qui introduit le doute.


Le seul problème, c’est quand la conception que l’on a de la situation change. Quand le rêve se brise. Quand ce que l’on avait pas su ou pas voulu voir se révèle. On peut accepter les faits en se disant que l’on an a bien profité. Car après tout c’est vrai. Et peu importe le jeu que jouait l’autre, sa duplicité. Mais cela ne vaut que si l’on n’a rien perdu. Car sinon, je crois que l’on chute vertigineusement.


 


Il me semble qu’il faut, soit ne pas perdre ses illusions – si l’on a peur d’en souffrir, sinon, que vogue la galère, on écopera quand elle prendra l’eau - soit ne pas se leurrer.


Dans le premier cas, je ne vois pas comment ne pas être perturbé ? J’ai l’image d’une lumière qui s’éteint d’un coup. Si l’on sait que l’on sera perturbé, atteint, affaibli par cette perte et qu’on ne le souhaite pas, que l’on ne veut pas devoir la combattre et s’en relever, il faut refuser l’illusion.


Et donc voir les choses telles qu’elles sont vraiment, de façon factuelle. Mais est-ce seulement  possible ? Tout n’est qu’interprétation ! On peut essayer de rester lucide, froid et se dire que l’on ne voit qu’une partie des éléments.  Mais que faire dans ce cas ? Que juger ?


Je vois une pomme. Je n’en vois qu’une moitié. Cette face est rouge et lisse, elle est bien mûre. Mais il m’est impossible de voir l’autre côté. Si je juge la pomme sur ce que j’en vois, elle est bonne à manger.


Mais qu’en est-il de l’autre face ? Elle peut-être aussi belle que celle que j’aperçois, ou complètement pourrie.


Que dois-je faire ? Je croque dans la pomme en me basant sur ce que je vois ou je la laisse car je ne le vois que partiellement ? Déjà, j’imagine qu’elle peut être à moitié pourrie. Je considère donc que les faits apparents ne sont pas suffisants pour décider de mon action.


 


Je ne mange pas la pomme ou je croque dedans en acceptant de devoir en recracher les morceaux ?


 

samedi 14 février 2015

Une semaine banale


Dimanche pluvieux et venteux
Pourquoi faut-il qu’il fasse beau la semaine et moche le week-end ? J’aurais bien voulu faire du vélo. Du vélo de route. Sous la pluie ou sur route bien mouillée c’est de l’équilibrisme.

Allez directement à la case prison…
… ne passez pas par la case départ. Non, ce n’est pas un nouveau départ. Troisième période de ma vie où je me retrouve sur un site de rencontre donc. La première fois, j’étais plus près d’une grande ville. Une très grande ville. Elle est maintenant trop loin de cette ville de province où j’évolue.


El c’est impressionnant comme le nombre d’inscrits est différent. Je ne suis pas sûr qu’il soit en rapport avec le nombre d’habitants. Comme si la proportion de célibataires était plus importante dans les grandes agglomérations.


145.854.702 inscrits… dont beaucoup de fantômes
L’arnaque du nombre d’inscrits : D’abord, il y a les inscrits qui ne viennent plus depuis des lustres. Sont-ils tous morts ? Quel est l’intérêt de garder un compte (et sa photo bien souvent) sur un site que l’on ne fréquente plus ? A chaque fois que j’en suis sorti (c’est-à-dire deux fois), j’ai vidé et supprimé mon profil. Quels sont ces fantômes ?


Et puis, il y a ceux qui sont inscrits mais qui n’ont accès à rien car ils n’ont pas payé. Quel est l’intérêt là aussi ? Ils ne peuvent pas lire vos messages et ne peuvent pas y répondre… Sont-ils intéressés par un score quelconque, comme le nombre de visites sur leur « fiche » ? Ou bien pensaient-ils, pauvres naïfs que tout était gratuit ? L’information est pourtant disponible. Et beaucoup viennent chaque jour. Pour faire quoi ? Rêver un regardant des fiches ? Encore une race de fantômes.


La nouvelle collègue
Mais je dis non. Non, non, pas une collègue. J’ai déjà expliqué pourquoi. J’adore son visage. Et pourtant ce n’est pas une poupée. Un nez fort mais un ensemble tout à fait charmant. Un visage très lumineux.  Et des yeux noirs. Par contre, je suis moins convaincu par la tenue et surtout les chaussures. La tenue est standard (pantalon, pull) mais l’harmonie des couleurs est une composition très « personnelle ». Et puis les chaussures sont des ces modèles à semelle compensées et à talon dont je ne raffole pas.  Quel âge a-t-elle ? Je ne sais pas, une petite trentaine  à tout casser.  J’ai mangé avec elle au réfectoire, avec d’autres collègues, peu avant la reprise, quand tout le monde est parti. Elle rit de mes plaisanteries. C’est une bonne chose. C’est un minimum. Dans un autre contexte, peut-être que j’aurais tenté ma chance. Mais non, pas une collègue. Un joli sourire et des lèvres charnues.

La jeune sportive
Nous communiquons moins. C’est mieux ainsi. Je suis maintenant célibataire, cela change les choses, au moins pour moi. Elle est jeune mais c’est une jolie femme. Et même vieillissant, je suis un homme. Je réponds, nous échangeons quelques bêtises  et puis c’est tout. Plus de journées entières à « textoter ».

Course à pied
Hier, j’ai couru une heure à l’heure du repas autour du bureau (encore un avantage de la campagne : Perdu dans les champs en 2 minutes). J’ai couru et puis je me suis arrêté deux fois. Pour regarder les arbres, la rivière, les collines, les champs. Pas de bruit, pas de mouvement, personne. Un paysage modelé par l’homme mais sans homme. Très curieux ce que provoque cet isolement (tout relatif). Une grande mélancolie, de la tristesse et puis un soulagement, comme un apaisement, comme une vérité qui s’impose et que l’on finit par accepter. Je me suis dit qu’un jour, je ne serai plus là. Ça ne changera rien. Je n’emporterai rien de ces images, de cette ambiance. Cette conscience de mon insignifiance estompe mes préoccupations. Un passager sans importance d’un voyage sans relief…


Allez faire les courses. Il le faut. Et je sais que je m’attendrirai devant d’autres visages, croisés au hasard des rayons plein d’articles. Des produits sur étagère. Un peu comme moi sur le site  de rencontre.

 

jeudi 12 février 2015

Une lettre ?



Bien sûr que je l'ai aimé.


Et bien sûr je l'aime encore, certainement.


Et oui j'ai peur de finir tout seul.


Mais on ne reste pas avec une personne avec qui l'on n'est pas heureux et que l'on ne rend pas heureuse.
On ne reste pas non plus avec cette personne parce que l'on a peur d'être seul.


Je crois que pour vraiment "faire le deuil" de cette histoire, cette longue histoire, je vais lui écrire une lettre.
Elle est têtue, campant sur ses positions, peu sujette au doute. Je ne crois pas qu'elle en souffrira. Mais je crois qu'elle appréciera.


Je lui dirai à quel point je l'ai aimé et que je pense encore à elle. Que ce n'est pas facile cette nouvelle tranche de vie qui commence sans elle, après 7 années passées d'une façon ou d'une autre ensemble.
Je lui dirai à quel point elle me plaisait « physiquement », comment sa silhouette, ses yeux noirs me troublaient et m’attendrissaient, quelle belle femme elle est.
Combien j’aimais quand elle faisait la "fofolle" (c'était si rare à la fin).


Et je lui demanderai de ne pas répondre. Pour prendre les devants et ne pas être déçu pas sa réponse (ou son absence de réponse).


 
Cette histoire est finie.


Cela me rend triste car je quitte (nous nous quittons) une jolie femme dont la plastique me plaisait particulièrement. Non qu’elle soit un top model, non, pas du tout, mais un physique que j’aimais tout particulièrement.
Triste parce que c’est un échec. Notre famille recomposée a été un échec. Notre deuxième phase de vie a été un échec.
Triste enfin de me retrouver seul, à 51 ans (c’est une question de jours), enfermé dans une vie qui ne me plait pas, dont je n’arrive pas à dégager le charme, incapable d’agir pour en sortir, avec ma peau flasque et ma vue qui baisse.




Curieux d’imaginer ce pseudo sportif, plutôt réservé, parfois cassant, comme un cœur d’artichaut, doutant sans cesse de lui, en mal de tendresse.





lundi 9 février 2015

Reflets troubles

Je vois cette tête, ses cernes, ses rides, sa peau qui se détend, elle ne me plait pas.




Comment pourrait-elle plaire d'ailleurs ?


Les marques du temps, de l'ennui, d'une mélancolie profonde, tout peut s'y lire. Les rires et les sourires n'ont pas laissé de traces.


Flasque, molle, triste, elle ne permet pas le mensonge. La voir tous les jours, chaque matin, chaque soir, c'est un rappel douloureux de le disgrâce, du délabrement futur.


C'est une inévitable autopunition...







L'ennemi dans la glace par AlainChamfort

dimanche 8 février 2015

C'est un air connu



La solitude ça n’existe pas
C’est pesant cette impression de solitude. Elle n’est pas nouvelle, loin de là. Mais nous nous passions un coup de fil par jour et nous échangions un « bonjour » et un « bonne nuit » le soir. Et quelques mots supplémentaires évidemment.
A part cela, mes semaines et mes week-ends de célibataire ressemblent à ceux d’avant.
Ce matin, j’ai fait 1h20 de course à pied puis 1h de piscine, seul. J’ai mangé en rentrant, seul, tout le monde dormait encore (ou à nouveau) à la maison, mes deux filles et leur copain respectif et mon fils. Et mon père bien sûr.  Et puis j’ai fait une sieste de 30 minutes, seul.

L’échec rend plus fort soucieux
J’ai ramassé mon premier râteau aujourd’hui. Une sportive du site de rencontre m’a gentiment, élégamment mais surement fait comprendre que je n’étais pas à son goût. Ça arrive, ça arrivera encore. Pas trop souvent j’espère. N’ayant pas une grande confiance en moi et étant assez complexé par mon âge, une succession d’échec affecterait notablement mon moral.
Mon profil continue à plaire aux femmes plus âgées.
« Même si un jour à Knokke-le-Zoute, Je deviens comme je le redoute, Chanteur pour femmes finissantes* »…
J’ai clairement indiqué que je voulais partager une activité sportive. Cela réduit mes chances, mais tant qu’à faire, autant indiquer ce que l’on veut. Et puis, mes temps libres, c’est quand même essentiellement ça.

« La honte de pleurer **»
Samedi, j’ai eu la mauvaise idée d’écouter Reggiani. J’ai toujours aimé Reggiani. Mais ça humidifie les yeux. J’en ai mis plusieurs sur une liste d’écoute (une « playlist »). Je crois que je les sauterai quand elles seront jouées. C’est une vague épouvantable de mélancolie sui s’abat sur moi quand je l’écoute. Un petit coup de Brel et des chansons choisies d’Aznavour et je cours m’acheter une corde.
Mon moral est bas. Je vois l’avenir en noir. Ce n’est pas du pessimisme, c’est de l’excès de réalisme.

« Et la foule vient me jeter entre ses bras...*** »
Il faut que je vois du monde, que j’augmente mes chances de rencontrer quelqu’un. « Quelqu’une ». Mais trouver une sportive, attentionnée, démonstrative, tendre, à qui je plaise, cela me parait impossible. Et puis ce temps qui passe. Je n’ai pas des années ni des mois pour trouver. Le sentier devient étroit. Il s’effrite par endroit.


* « La chanson de Jacky », Jacques Brel.

**Extrait des paroles de la chanson de Serge Regianni :
« Il faudra bien qu'on me raconte
Pourquoi il faut toujours tricher
Que l'on m'explique où est la honte
Pour un homme de pleurer »

*** Extrait des paroles de « La foule » de Michel Rivgauche.

lundi 26 janvier 2015

Produit frelaté

Tout d'abord, il me semblait inconvenant d'écrire à partir du 7 janvier ; Ces épanchements nombrilistiques sont tellement peu importants en comparaison de ce qui c'est passé.

Je ne développerai aucuns des nombreux sujets qui ont résulté des tueries. Je parle peu d'actualité ici, c'est un choix.
Comme beaucoup d'entre vous, j'ai été très perturbé pendant plusieurs jours. C'était comme si un monde venait de s'écrouler. J'ai toujours du mal à décrire ce que j'ai ressenti et pensé. J'en ai eu les larmes aux yeux plusieurs fois.
La mobilisation du dimanche qui a suivi, m'a ému aussi. J'ai trouvé ça beau. Dans la rue, voir côte à côte des gens qui n'auraient jamais pensé qu'ils partageaient quelque chose, réunis sans distinction d'aucune sorte, c'était magique. Une humanité pleine d'humanité (je me comprends).

Depuis, la médiocrité a repris la place qu'on lui laisse, le rêve est fini. Mais, on aura au moins vécu un "élan", un "espoir", une "lueur", un "truc de ouf"...

"Period" comme disent les anglophones.

****************

Bon sang, que la route que je suis me semble triste et sans intérêt.
J'évite de regarder les photos des enfants, elles me rappellent la seule époque agréable et riche de ma vie. Elles me rappellent aussi tout ce que j'ai laissé passer, disparaître, tout ce qui m'a échappé de leurs petites vies merveilleuses, inconscient prétentieux, soucieux d'une réussite que je n'ai finalement jamais atteinte.

Si je regarde ma vie, j'y vois moins de 20 ans que j'aurais dû savourer intensément.
Mon enfance n'était pas drôle. Elle a été rapidement triste.
De 8 ans à 21 ans, j'ai vu ma mère s'affaiblir, perdre son autonomie lentement, souffrir et souhaiter mourir.
Grande ainée est arrivée quand j'avais 24 ans, presque 25. Puis seconde aînée, puis le fils et enfin miss-ado.
Adorable petite troupe, tellement vive, tellement fatigante, tellement vivante.
Mais j'ai trainé mes angoisses et mes traumatismes pendant des années, certain de pouvoir tout gérer seul, alors que je gangrenais ma famille. Fuyant le bonheur, inconsciemment mais surement, aveuglé par ma quête de reconnaissance, coincé dans des principes idiots, j'ai miné ce qui aurait dû être un foyer heureux. Colérique, intransigeant, prétentieux (je me répète), j'ai tout gâché.
Au bout de 16-17 ans, usée par cette merde infâme que j'étais et que je suis encore parfois, contre tous ses principes, contre toute sa famille, elle est partie. Et bon sang qu'elle a eu raison.
Car je crois que je n'aurais jamais changé.
Et voilà 11 ans que je rame.

Non, vraiment, cette vie m'ennuie. J'ai beau me débattre de temps en temps, je crois que je n'arriverai jamais à me pardonner.

Et si je dois trouver une solution pour mon père, c'est pour sa sécurité surtout. Il n'est coupable de rien. Je lui en veux d'être un tel poids dans ma vie mais il n'y est pour rien.
Et ce n'est pas pour "expier mes fautes" que je le garde chez moi. C'est parce que je ne fais rien, parce que je ne décide rien. Je gesticule, je cours, mais finalement, je ne fais rien.

Je suis un illusionniste. Un charlatan aussi. J’embobine, je séduis et les emballages colorés sont vides

Mais j'ai 4 enfants. Je ne veux pas qu'ils aient de peine. Je les aime. Plus que tout.
Les aider, être là, les soulager. C'est mon seul devoir.



vendredi 2 janvier 2015

Optimisation

La société dans laquelle je travaille a déplacé son siège en Suisse pour réduire ses impôts. C'est parfaitement légal. Et je trouve ça parfaitement anormal et immoral.

La course aux bénéfices, quand ils ne servent qu'à augmenter les dividendes aux actionnaires, va nous engloutir. Les richesses ne sont partagées que par une infime proportion de l'humanité. Ce n'est pas la règle des 80/20 (80% des richesses sont détenues par 20% des gens) mais certainement la règle des 95/5...
Le chômage nous étrangle et justifie tout : L'arrogance des employeurs, l'exploitation des employés pour ne citer que les deux conséquences les plus évidentes.

Et que l'on me dise que j'ai tort.
C'est du "marche (bosse et tais-toi) ou crève (pars ou sois licencié)" dans beaucoup d'endroits.
On améliore la sécurité mais les conditions de travail se dégradent d'année en année.
Ah la sécurité au travail. Comme c'est beau. Les presque-accidents, les comités pour la détection des risques psycho-sociaux, j'en passe et des meilleurs. Quelle poudre aux yeux
Ce n'est pas la presse qui va t'écraser, c'est l'ambiance. La course aux résultats. On ne désigne pas ceux qui n'atteignent pas leurs objectifs, on met en avant ceux l'ont fait.
C'est comme pour désigner un volontaire. Ce n'est pas lui qui fait un pas en avant, ce sont tous les autres qui font un pas en arrière.
C'est sournois, c'est malhonnête. Les carriéristes sont légions. On nous parle d'éthique mais on trouve des prétextes bidon pour virer les gens.
Non, ce n'est pas du progrès social. C'est une jungle.

Et la jungle quand on vieillit, on n'aime plus, à supposer que l'on ait aimé un jour.
On n'aime pas parce que l'on voit que ça nous mène dans le mur.

Moi, un système où la majorité ne travaille qu'à enrichir une minorité, ça ne me plat pas.
Un système où les étudiants rament de stages en CDD et peinent à se loger, ça ne me plait pas (un exemple parmi tant d'autres. J'aurais pu citer les "travailleurs" dont le salaire ne permet pas de vivre décemment).
Un système où les gens ferment leur gueules pour ne pas perdre leur emploi, ça ne plait pas.
Un système où les gens voient le dé tricotages  des acquis sociaux comme un progrès, ça ne me plait pas.
Et régulièrement, nous votons, de façon bien démocratique, pour que ce système continue, jusqu'à ce qu'il explose. Jusqu'à ce qu'il nous explose au visage. Car les perdants sont toujours les mêmes.




Mais j'irai travailler lundi, j'apporterai des chocolats pour la nouvelle année et j'y retournerai mardi et les autres jours de la semaine, juste qu'à ce qu'on me vire.


"Tu la voyais pas comme ça ta vie" mais tu n'as rien fait pour qu'elle soit différente !