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mercredi 13 mai 2015

y a pas quelque chose pour les courbatures ?


Le grand-père va mieux. Beaucoup mieux. Il se lève et se déplace dans la maison.
Il nous réveille tous les matins en essayant d'ouvrir les portes des chambres que nous fermons à clef. Sinon, il entre et allume. A 6h c'est désagréable.
Ce matin, il a tourné comme ça de 6h à 7h, jusqu'à ce que je me lève pour lui dire d'arrêter. Il veut des médicaments pour les courbatures. Courbatures qui disparaissent quand il se lève. Alors, non, pas de médicaments…

mercredi 15 avril 2015

Infierno

Pour être honnête - et même si j'écris rarement en ce moment - c'est plus pour vous que pour moi je poste cet article.


'C'est qui vous ?"


Vous ? Ce sont les lectrices (le masculin n'a pas lieu d'être dans le cas présent) qui me suivent plus ou moins régulièrement. D'une façon ou d'une autre "vous" faîtes partie de mon environnement. Certaines sont très présentes, d'autres l'ont été, pour des échanges de natures très différentes. J'ai plus de regrets que de remords dans ce domaine.


Nous en sommes à un stade ici - ici chez moi - où une personne de la croix rouge passe trois fois par jour. Mon père ne se lève pratiquement plus et généralement il a besoin d'une personne pour le soutenir.
Hier, on l'aidant à aller aux toilettes, en l'aidant à baisser son pyjama, en l'aidant à le remonter, en voyant les couches dans l'entrée, je me suis dit, ça y est, c'est reparti.


C'est reparti comme quand ma mère était malade - 30 - 35 plus tôt - et que je la portais jusqu'aux toilettes.


Combien de temps encore ? Un certain temps. Car "c'est parti" pour le maintien au domicile jusqu'à la mort. La sienne ou le mienne, je ne sais pas.
Ce vieil égoïste qui ne voulait pas de la maison de retraite et n'a jamais souhaité un anniversaire de ses petits enfants, aura réussi à partir en nous entrainant lentement vers l'enfer.


C'est parti pour le matelas anti-escarres, le lit "médical", sans doute la chaise roulante. Tout ce que nous avions pour ma mère.
Viendront avec les perfusions, les piqures, les soins médicaux quotidiens.
Je me rappelle de tout ça.


Je ne pense pas à sa souffrance ? Mais si j'y pense. Je crois avoir fait tout ce qu'il fallait quand il le fallait ? Absolument pas. Seulement je porte un regard peu clément sur cet homme qui a su rester absent longtemps pour ne réapparaitre que quand il avait besoin de nous.
Cet homme qui n'a voulu qu'un enfant par pur égoïsme contre l'avis de ma mère.
Cet homme qui ne s'est jamais intéressé à nous mais n'a fait que nous parler de lui, de lui et de lui.


Alors je m'occupe de lui parce que c'est un être humain, faible, sans défense et que l'égoïsme ne justifie pas la souffrance.


J'ai abandonné tout espoir de rencontre. Qui voudrait d'un homme qui s'occupe de son père, ne part pas en vacances, ne part pas en week-end, rentre maintenant du travail à 20h ?
Je vais à des rendez-vous quand on me sollicite, j'offre des cafés, je fais des promenades mais je me rends compte que je le fais avec des femmes qui ne me plaisent pas, comme si je voulais éviter impérativement de rencontrer quelqu'un et de devoir lui livrer mon "secret". Je ne contacte plus les profils qui me plaisent le plus.


Je parle, je rigole, je suis agréable, le moment partagé est agréable.


Quant à rencontrer des personnes sans site de rencontre, je crois qu'il faut venir prendre ma place pour réaliser que ce n'est pas vraiment possible. Je n'ai même plus le temps de m'entrainer en ce semaine, je finis trop tard.
Samedi, le matin c'est piscine,, course à pied éventuellement, les courses à midi ou en début d'après-midi, différentes tâches domestiques, puis le repas du soir. J'essaye d'aller voir des concerts vers 21h mais je ne fais pas partie des dragueurs. C'est comme ça et ça ne changera pas. Et puis, cette espèce de faune de la nuit ne me plait pas spécialement.
Dimanche matin repos ou sport, repas, sieste après manger (je dors mal et suis dans un état de fatigue assez prononcé parfois) et si je peux un café pour un rendez-vous avant de revenir à 19h préparer le diner.


Voilà; Je suis en retard pour aller au bureau. Mais j'ai posté un message. J'espère que "vous" apprécierez....
Et même si je les lis avec toujours beaucoup d'intérêt, je ne réponds pas vraiment aux messages, au moins pour l'instant.


J'espère que "tu" vas bien...

lundi 26 janvier 2015

Produit frelaté

Tout d'abord, il me semblait inconvenant d'écrire à partir du 7 janvier ; Ces épanchements nombrilistiques sont tellement peu importants en comparaison de ce qui c'est passé.

Je ne développerai aucuns des nombreux sujets qui ont résulté des tueries. Je parle peu d'actualité ici, c'est un choix.
Comme beaucoup d'entre vous, j'ai été très perturbé pendant plusieurs jours. C'était comme si un monde venait de s'écrouler. J'ai toujours du mal à décrire ce que j'ai ressenti et pensé. J'en ai eu les larmes aux yeux plusieurs fois.
La mobilisation du dimanche qui a suivi, m'a ému aussi. J'ai trouvé ça beau. Dans la rue, voir côte à côte des gens qui n'auraient jamais pensé qu'ils partageaient quelque chose, réunis sans distinction d'aucune sorte, c'était magique. Une humanité pleine d'humanité (je me comprends).

Depuis, la médiocrité a repris la place qu'on lui laisse, le rêve est fini. Mais, on aura au moins vécu un "élan", un "espoir", une "lueur", un "truc de ouf"...

"Period" comme disent les anglophones.

****************

Bon sang, que la route que je suis me semble triste et sans intérêt.
J'évite de regarder les photos des enfants, elles me rappellent la seule époque agréable et riche de ma vie. Elles me rappellent aussi tout ce que j'ai laissé passer, disparaître, tout ce qui m'a échappé de leurs petites vies merveilleuses, inconscient prétentieux, soucieux d'une réussite que je n'ai finalement jamais atteinte.

Si je regarde ma vie, j'y vois moins de 20 ans que j'aurais dû savourer intensément.
Mon enfance n'était pas drôle. Elle a été rapidement triste.
De 8 ans à 21 ans, j'ai vu ma mère s'affaiblir, perdre son autonomie lentement, souffrir et souhaiter mourir.
Grande ainée est arrivée quand j'avais 24 ans, presque 25. Puis seconde aînée, puis le fils et enfin miss-ado.
Adorable petite troupe, tellement vive, tellement fatigante, tellement vivante.
Mais j'ai trainé mes angoisses et mes traumatismes pendant des années, certain de pouvoir tout gérer seul, alors que je gangrenais ma famille. Fuyant le bonheur, inconsciemment mais surement, aveuglé par ma quête de reconnaissance, coincé dans des principes idiots, j'ai miné ce qui aurait dû être un foyer heureux. Colérique, intransigeant, prétentieux (je me répète), j'ai tout gâché.
Au bout de 16-17 ans, usée par cette merde infâme que j'étais et que je suis encore parfois, contre tous ses principes, contre toute sa famille, elle est partie. Et bon sang qu'elle a eu raison.
Car je crois que je n'aurais jamais changé.
Et voilà 11 ans que je rame.

Non, vraiment, cette vie m'ennuie. J'ai beau me débattre de temps en temps, je crois que je n'arriverai jamais à me pardonner.

Et si je dois trouver une solution pour mon père, c'est pour sa sécurité surtout. Il n'est coupable de rien. Je lui en veux d'être un tel poids dans ma vie mais il n'y est pour rien.
Et ce n'est pas pour "expier mes fautes" que je le garde chez moi. C'est parce que je ne fais rien, parce que je ne décide rien. Je gesticule, je cours, mais finalement, je ne fais rien.

Je suis un illusionniste. Un charlatan aussi. J’embobine, je séduis et les emballages colorés sont vides

Mais j'ai 4 enfants. Je ne veux pas qu'ils aient de peine. Je les aime. Plus que tout.
Les aider, être là, les soulager. C'est mon seul devoir.



jeudi 1 janvier 2015

2014, pour finir



Mon père
Il faut qu’il comprenne qu’il n’y a pas que la crotte qui porte bonheur…
Vers 16h, il a demandé au fils (le mien) s’il avait un médicament pour le mal au ventre. Mon fils a dit qu’il allait aller me chercher. En retournant dans sa chambre, il a à nouveau glissé et s’est retrouvé à moitié assis sur le sol contre son lit. Le fils (toujours le mien) m’a appelé. Mon père s’est hissé pratiquement seul sur son lit – je lui ai demandé de ne pas faire le poids mort après avoir vérifié qu’il ne s’était pas fait mal - et s’est plein de maux de ventre. Constipation ai-je compris. Je lui ai donné un médicament pour la douleur – une chute est toujours douloureuse à 86 ans – et fait boire une tisane du genre, comment dire, pas « pisse-mémé », plutôt « désiphonage ». Je lui ai dit de rester tranquillement sur son lit en attendant que je revienne. Après avoir déposé le fils (dois-je préciser ?) chez sa mère, je suis rentré à la maison. J’ai grimpé l’escalier sans prendre le temps d’enlever mon manteau et je suis arrivé à l’étage. L’odeur qui y régnait m’a fait dire « il n’est pas complètement bouché, c’est rassurant ». J’ai pensé à ce que l’on appelle flatulences malodorantes.
Quand il m’a vu, il m’a dit « ça va mieux ». Je n’ai pas eu le temps de me satisfaire de cette réponse. J’ai d’abord noté qu’il s’était changé – et donc qu’il s’était levé. Puis, dans un regard circulaire,  j’ai vu le slip souillé sur le sol, le pantalon taché accroché à la poignée de la fenêtre et la chemise maculé sur la commode…
J’ai compris pourquoi il allait mieux. J’ai un peu plus que râlé. J’ai demandé s’il trouvait normal de de se « ch…  dessus » quand on est adulte, que ce n’était pas à moi de m’occuper de cela. Et puis j’ai mis mes gants en caoutchouc, pris un sac poubelle et jeté le slip, le t-shirt et la chemise. Je me suis calmé, je lui ai demandé de descendre à la douche et je l’ai aidé à se laver. J’ai apporté des vêtements propres. J’ai éprouvé  peine et pitié. Un être faible, diminué, pas responsable de sa condition, c’est ce qu’il est devenu. Une personne qui perd son identité et sa dignité, petit à petit, sournoisement.
J’ai aussi acquis la conviction que la maison de retraite était la meilleure solution et qu’en attendant, il faudrait l’aide d’une association.

Mon amie
Je commençais à envisager une séparation et puis… nous nous sommes vus. Pas très longtemps, deux jours et deux nuits. Mais c’était agréable. Alors j’ai changé d’avis. Je ne trouve finalement aucune urgence à ce que nous nous quittions.
Il est acquis que je ne la changerai pas. Il est aussi acquis que je souffrirai à nouveau bientôt de son caractères « réservé ».

J’ai sans doute peur de l’inconnu mais je ne peux surtout pas m’empêcher de la trouver belle. La plastique est trop importante pour moi. Je le sais mais qu’y faire ? J’ai bien tenté par le passé de m’attacher à des qualités plus intellectuelles ou spirituelles mais la quasi absence d’attirance physique ne me permet pas d’éprouver le minimum d’excitation sexuelle nécessaires à une relation de couple épanouie (ou épanoui, ça revient à peu près au même).
Non pas que la ravissante idiote soit mon style, non, loin de là, mais le pur esprit ne me conviendrait pas.
Par chance, j’ai des goûts esthétiques qui me font trouver belles les femmes qui possèdent plus de charme que de beauté pure. La bimbo aux mensurations parfaites ne m’intéresse pas. En revanche un nez « trop grand », un visage « trop émacié », un corps « trop plat » ne sont jamais détachés du reste des caractéristiques physiques de la personne et c’est bien le charme global qui opère et me séduit. « Le charme » tout simplement. Mes explications et exemples sont assez inutiles : une femme charmante est belle.
Mon amie n’a pas une poitrine de top model, elle a un nez qui n’est pas fin, elle un côté masculin mais elle m’est belle. Et ses grands yeux maquillés me font littéralement fondre.

Cette jolie brune qui porte merveilleusement bien ça quarantaine passée me tient. Pas par ses mots ou ses attentions, non, par son charme. C’est une sorte d’envoutement. Ce n’est pas vraiment rationnel quand on y pense. Sans doute ce que l’on appelle les mystères de l’amour…

Je pourrais tout aussi m’interroger sur ce qu’elle me trouve…

Une jeune sportive
Et voilà que je m’entraine à nouveau avec une jeune sportive, célibataire. On se donne rendez-vous pour des entrainements communs de natation, course à pied et « run and bike » tout dernièrement (un vtt pour deux). C’est la fille d’une camarade du club de triathlon. Sa mère et moi avons à peu près le même âge et par conséquent… elle a celui d’être ma fille… Elle a 29 ans.
Quand je lui propose une sortie, je le fais directement : « je vais courir à telle heure, tel endroit, ça te tente ? ». Quand elle me propose une sortie c’est généralement de façon un peu indirecte : « je vais aller courir à telle heure, tel endroit ».  Ou bien ‘j’irai nager vendredi à 12h00’. Elle prend donc soin de ne pas m’inviter directement à la rejoindre.
C’est une jeune femme blonde, avec un passé de gymnaste ou équivalent, qui a toujours couru. Selon l’expression consacrée, elle est « bien foutue ».
« You’re a lady, I’m a man » (et le reste de la chanson n’a pas lieu d’être citée) et c’est lorsque que nous avons croisé un membre du club un dimanche matin à la sortie de la piscine – il partait, nous arrivions – et que j’ai lu son étonnement sur son visage en nous voyons ensemble (les gens font des raccourcis dans la vie : nous arrivons ensemble un dimanche matin, hors créneau d’entrainement du club, c’est une femme a qui l’on ne connait pas de copain, je suis un homme, nous avons donc une « relation ») que je me suis demandé ce que pouvait être une relation entre deux personnes de 21 ans d’écart.
Oh, cela n’a rien d’extraordinaire. Mais j’essayais d’imaginer deux personnes à des stades très différents de leur vie – au-delà de l’âge, j’ai 4 enfants presque tous adultes, elle n’en a pas, j’ai vécu deux longues histoires avec d’autres femmes, elle certainement pas plus d’une et certainement pas aussi longue – partageant une relation amoureuse. Nos attentes ne pourraient pas être les mêmes : Je n’ai pas le désir de construire une nouvelle famille. Nos amis auraient eux aussi une génération d’écart : J’aurais aussi l’âge d’être le père de ses camarades. Et le regard des autres, leurs commentaires : « Elle est jolie, comment peut-il encore lui plaire, elle au printemps lui en hiver ? ».

Je crois que le regard des autres serait dur à affronter. L’image du « vieux dégueu » dure à supporter.

Mais j’imaginais aussi le plaisir de partager des activités, des passions, de partir en week-end pour courir la même épreuve.

J’ai dit à mon amie que je m’entrainais avec la fille d’une triathlète. Elle m’a demandé son âge. Elle a répondu : « ah, mais ce n’est pas une gamine… ». Non, ce n’est pas une gamine. C’est une femme. Et je suis un homme. Mais nos terrains de rencontre ne sont pas des chambres… Ma Dame,  je suis content que tu aies pu considérer qu’il y avait un risque, car je l’ai senti dans ta réflexion. Cela veut dire que tu me penses capable de séduire d’autres femmes… Reste à savoir si tu es consciente que dans un couple, les deux doivent s’attacher à entretenir l’intérêt que l’autre leur porte…

En attendant, nous irons bientôt nager puis courir.

Mais tout ça, c'est pour 2015...


mercredi 24 décembre 2014

2007 à 2014

Reste de raviolis, salade verte et fond de thon en boite. Le réveillon de Noël est fini.

Sans enfants, je n’ai pas vu l’intérêt de préparer quelque chose. Le repas en famille se sera pour demain soir.

Deux sujets me préoccupent en ce moment. Disons qu’ils se dégagent de mes préoccupations courantes.

La maison de retraite pour mon père.
Bien que j’arrive à me convaincre « parfois » que c’est la meilleure solution pour nous tous – et donc pour lui – j’ai l’impression de vouloir m’en débarrasser. Car il y a une autre solution, c’est de faire appel à une association qui viendrait tous les jours assurer le réveil, la prise des repas et le coucher (uniquement quand je suis amené à me déplacer en ce qui concerne ce point. Je ne le borde pas, j'aurais juste besoin de savoir qu'il va bien en fin de journée).

Mais lui ne semble pas contre l’idée d’aller en maison de retraite. J’ai lourdement insisté pour savoir si c’était réellement son choix ou si c’était pour « diminuer ma charge ». Il m’a assuré que c’était ce qui lui semblait le mieux.

Alors soit, allons-y. Vendredi, je ferai le tour des établissements voisins pour me renseigner. La première impression est importante.

Ensuite, il faudra faire une demande et attendre un temps certain.

J’avoue  que me retrouver seul serait un soulagement. J’ai l’impression de manquer de liberté. Ne pas pouvoir m’échapper de temps en temps me pèse. Je n’ai plus d’enfants à la maison alors je voudrais pouvoir sortir sans devoir préparer un repas ni devoir vérifier que tout va bien.

C’est une grande peine de voir son intelligence fondre petit à petit. Plus beaucoup de réflexions et une tendance qui n’ira pas en s’améliorant à l’enfermement sur soi-même. Sa santé reste son souci principal. Il en parle sans arrêt et son apparent intérêt pour les autres n’est lié qu’au sien bien souvent. Quand il demande si un enfant est là, c’est pour ne pas se savoir seul. Car il ne leur demande pratiquement rien.

Mais il est souvent de bonne humeur et plutôt facile à vivre (s’il ne salissait pas tout et oubliait quelques unes de ses manies, ce serait encore mieux).

Il est toujours content de ce que je prépare (pourtant, c’est vraiment basique).

Pourtant, l’envie de vivre sans lui à la maison commence à compenser la culpabilité que j’éprouve à l’idée de la placer quelque part.

 

Et puis, il y a mon amie.
C’est un autre sujet. Nous partageons tellement peu de choses que je me demande ce que nous faisons ensemble. Ce n’est plus de l’amour, c’est de l'affection. Il n’y rien de passionné ou de surprenant dans notre relation. Nous sommes contents de nous voir mais ne faisons pas d’effort particulier pour augmenter la fréquence ou la durée de nos entrevues.

Une caricature de vieux couple d’égoïstes.

Quand je la vois, je la trouve belle. J’éprouve de la tendresse. Mais rapidement, son caractère peu démonstratif me frustre. C’est donner dans le vide. Quand on donne, on espère une réaction, un signe, je ne parle même pas de recevoir la même chose en retour, juste de détecter chez l’autre une réaction qui montre qu’il a bien « reçu » ce que l’on a donné.

Et bien sûr, alors que mes réflexions sur la nécessité d’envisager sérieusement une rupture se précisent, elle devient plus présente.

Je pense qu’elle éprouve quelque chose pour moi. Sinon elle m’aurait déjà quitté. Et je sais bien que je ne pourrais pas la changer. Mais je ne peux que constater ma « souffrance ».

Je ne me considère pas comme étant un cadeau. Je ne suis pas non plus ce qu’il y a de pire. Je remarque simplement que je ne me sens pas heureux et j’imagine aisément qu’elle est dans le même cas.

Alors pourquoi sommes-nous ensemble ?

Il faut que je mette ici quelque chose au point. Cette femme, je la connais depuis longtemps. Je lui ai consacré de nombreux articles. Elle était présente dés le début de ce blog.

Cette femme, c’est « ma dame », celle avec qui nous avions tenté la recomposition… nous sommes réellement un vieux couple...

dimanche 14 décembre 2014

La courbe de l'humeur



À la question « êtes-vous heureux » je peux répondre sans hésiter « oui mais ». Je pourrais tout aussi bien répondre « non mais ». C’est un peu comme le verre à moitié plein ou à moitié vide. Mais il est rare que le verre soit exactement rempli à moitié (ou à moitié vidé, c’est selon).

La nuance est là : un peu plus ou un peu moins que la moitié ?

C’est la surface sous la courbe de l’humeur qui importe : Globalement positive ou globalement négative ?


« Mais nous interrompons nos programmes pour un flash spécial. Notre reporter est sur les lieux.

-        Bonjour Bob Ard, que s’est-il passé ?
-        Bonjour Anne Noulestudio, c’est assez confus, il semble que le père du narrateur soit à nouveau tombé.
-        Mais on n’en est pas sûr ?
-        Si, enfin le narrateur car son père ne sait pas. C’est en rentrant des courses, le narrateur est allé aux toilettes tout de suite en rentrant, vous comprenez, parfois quand on a fait longtemps la queue aux caisses et bien…
-        Oui, on comprend Bob Ard, passons ces détails qui n’intéressent pas nos auditeurs. Alors que s’est-il passé ?
-        Et bien pendant que le narrateur satisfaisait un besoin physiologique présent, son père à frapper à la porte on lui disant : « Je vais très mal, je voulais t’appeler ». Le temps que le narrateur range ses petites affaires – c’est une expression, il ne faut pas le prendre au premier degré, je ne voudrais pas que nous ayons des problèmes…
-        Bob Ard, vous voulez bien arrêter ?
-        Oui donc, une fois présentable, le narrateur est vide sorti mais son père était déjà remonté à l’étage.
-        Parce que son père était descendu puis remonté à l’étage alors qu’il était tombé ? ça ne devait pas être si grave que cela alors ?
-        C’est ce que le narrateur a pensé. Son père était couché sur son lit et le narrateur a vu qu’il avait une bosse et un peu de sang coagulé au niveau d’une arcade.
-        D’accord, et ensuite ? Il a appelé le SAMU ? Les pompiers ?
-        Non, comme son père pouvait marcher et semblait lucide, grimaçant mais lucide, il a décidé de l’emmener aux urgences.
-        Les urgences… Oui, ça semble être une réaction intelligente car il y avait tout de même choc à la tête. Et que c’est-il passé aux urgences ?
-        Anne Noulestudio, vous voulez la version courte ou la version complète ?
-        Hum… nous allons devoir rendre l’antenne, la courte Bob Ard.
-        Bien, ils sont sortis au bout de 6h. Exactement 6h. C’est très long. Le père a été examiné et a passé une radio. Rien de bien grave, rien de cassé ni de déplacé. Les douleurs sont dues à la chute. Un antalgique a été prescrit.
-        Bon, tout cela finit bien. Mais dites-moi, le narrateur devait être hors de lui ? 6h au total !
-        Non pas du tout et bien au contraire d’ailleurs. Il a pu juger de la gentillesse et de la patience de l’ensemble des équipes, personnel administratif, aides-soignant(e)s, infimier(e)s, médecins. Il semble que plusieurs patients aient été grossiers et même menaçants. Le narrateur voulait proposer qu’on les achève car ils se plaignaient d’un délai d’attente trop important en comparaison de leur douleur. Mais il n’a pas osé. Un jeune voyou a dit « vous avez de la chance que je puisse pas me lever, nik ommok !! ». Une femme d’un âge incertain insultait l’infirmière qui s’occupait d’elle, un…
-        Oui merci Bob Ard. Sans compter ceux qui n’avaient rien à faire aux urgences, etc, etc. Merci Bob Ard, tenez-nous au courant s’il y avait des éléments nouveaux,
-        Oui Anne Noulestudio, merci.

C’était Anne Noulestudio pour un flash spécial. Nous reprenons maintenant nos programmes ».


Bon. Et bien je ne sais plus en j’en suis. La courbe de l’humeur ? On s’en balance, je vais me coucher…

jeudi 4 décembre 2014

La maison

Et l'on parle de la maison de retraite.

Il est tombé cet après midi. Il m'a appelé au bureau en me disant qu'il avait de la fièvre.  Grande aînée était en ville à côté. Elle a pu passer rapidement voir ce qui se passait. Et c'est là qu'elle a constaté qu'en fait il était tombé.

J'ai quitté la réunion où j'étais et je suis rentré.  Il s'est fait mal aux cotes et s'est écorché le front. Je ne sais pas où et à quelle occasion il est tombé. Il ne se souvient pas. Il ne se souvient généralement pas de grand chose.

Je lui ai dit que j'allais trouver quelqu'un qui passe à la maison. je n'ai pas dit que j'avais déjà essayé de les joindre plusieurs fois sans succès.

Alors il m'a parlé de la maison de retraite.

Ça me fout un coup tout ça.  On va encore franchir une nouvelle étape.

Putain de temps qui passe. Je n'arrive plus à m'y faire.

Sinon je me suis perdu en faisant ma séance de course à pied à midi en partant du bureau. J'étais parti pour 40 minutes, j'ai mis 1h10. Ça m'a fait rire jusqu'à ce que je parte en urgence et arrive ici.

Ça me fait de la peine de le voir décliner.  Il m'énerve terriblement mais c'est mon père et il est tellement sans défense et de plus en plus dépendant que ça m'emplit de tristesse.

















samedi 12 juillet 2014

Des questions, de l'amour et de la sueur



Ne pas dormir. Il n’est que 21h00. J’ai fait 1h30 ? 2h de sieste ? Bien sûr, je me suis réveillé à 6h00 mais ça n’a rien d’extraordinaire.
Je suis fatigué. Des « coups de barre ». Quand je vais manger sur mon parking le midi, je dors souvent.
Ma vue baisse. Difficile de lire sans lunettes, même mon écran d’ordinateur. Mais j’ai du mal à supporter mes lunettes : système qui, s’il ne s’appelle pas progressif, doit y ressembler. Je m’en suis rendu compte cette semaine seulement alors que j’ai cette paire depuis des années maintenant. Mais je n’arrive pas à les utiliser, j’ai l’impression de voir flou dès que mes yeux quittent le centre des verres. Il faut que je garde mon regard fixe et que j’oriente ma tête vers ce que je veux regarder. Très peu pratique.

Je me plains. Il n’y a pourtant pas vraiment de raisons de le faire.
Je vieillis et c’est toujours la même litanie.

Je vais poser 4 semaines de congés. Ce qui m’a retenu de le faire jusqu’à présent – je n’ai posé que 3 semaines pour l’instant – ce sont les 2 rendez-vous médicaux pour mon père qui vont m’obliger à poser deux demi-journées.
Combien de demi-journées posées pour aller à l’hôpital ou chez le médecin ?

Allons, cessons ces jérémiades.

Demain, triathlon M, avec des côtes en vélo. Je vais souffrir, regretter d’y être allé, me dévaloriser et puis, plus tard, je serais bien content d’avoir participé. Et dois-je l’avouer, les belle triathlètes ajouteront à l’état de grâce qui suit l’effort.

Je ne dessine plus, je gribouille. Des conneries vite faites mal faites, qui ne font rire que moi et mes enfants (enfin, certains d’entre eux). Je crée, je vis…

Les enfants qui ne sont pas là ce week-end. Et par conséquent, bien que nous soyons samedi, nous ne sommes pas allés au restaurant. La perspective de me retrouver seul avec mon père à une table ne m’enchantait pas.
Je me souviens quand j’étais jeune – et non pas « plus jeune » … - je voyais parfois de ces étranges couples de mère ou père âgé accompagné de leur enfant de 45 à 60 ans. Des couples qui ne parlaient pas, qui me semblaient d’une tristesse infinie. L’expression d’un ratage, d’accident de la vie. Jugement sévère d’un jeune adulte arrogant qui ne connaissait rien de la vie.

Voilà que le raté au regard des prétentieux comme celui que j’étais, c’est moi.  Le quinqua qui vit avec son père.

Hier soir, j’ai acheté des McDo aux enfants et à mon père et j’ai fui ! Mon amie et moi avons mangé dans un restaurant Thaï calme et peu fréquenté. Les gens ne savent pas que le propriétaire a changé il y a deux ans - ou ils préfèrent l’usine - où nous allons parfois à ma grande honte – qui propose un buffet sans finesse mais copieux.

J’ai aimé voir une petite étincelle de bonheur de ses yeux. J’ai aimé quand elle m’a dit qu’elle allait se débrouiller pour venir dormir chez moi tous les mardis.
Equilibre – fragile ? – que nous avons trouvé dans notre curieuse relation. Elle m’aime, je vis…

Nous allons essayer de partir un week-end. Ce ne sera ni à la mer ni à la montagne. Nous irons vois les 3 derniers cousins avec lesquels je suis encore en contact. Une cousine dont je n’ai jamais vu l’enfant depuis son baptême – honte à moi – et ceux de mon côté maternel avec qui j’ai renoué après combien d’année déjà ? 20 ans ? 23 ans ?

Putain de vie qui passe si vite. Je ne sais même pas dire comment j’ai gâché une grande partie de celle-ci. De ma famille, mes « origines » familiales, il ne reste rien. Ceux qui savaient sont partis ou ne savent plus. Je n’ai ni écouté ni noté quand ils racontaient. Vieilles histoires de vieilles personnes, qui ne prennent leur pleine valeur que quand elles s’effacent. Curieux sentiment d’avoir perdu une partie de son histoire.
Je connais des bribes, insuffisantes pour retracer un chemin, trop peu précises pour être utiles.

Pourquoi le passé devient-il si important ? Est-ce le fait de prendre conscience que l’oubli va m’absorber comme il en a absorbé plein d’autres avant moi ? Est-ce une façon de chercher à se rassurer ? Je me souviens du passé, de la route de ceux qui m’ont précédé, ce sera pareil pour moi ?
Et quelle importance ?
J’ai peur du trou, c’est tout. Et de ce qui va le précéder.

La mort. L’amour avant la mort. Un autre corps à rassurer et auprès duquel se rassurer. Des enfants à ne pas perdre des yeux, à protéger. Et puis la sueur avant la mort. Je sue, je vis…

Demain, je cours.

Je cours, je vis…

Vivre.