vendredi 18 mai 2012

Une serviette


Hôtel sympathique, buffet copieux pour le petit déjeuner.

J’ai pris du café, des céréales, un petit pain, une tranche de blanc de quelque chose (dinde sans doute) et une tranche de fromage que j’ai posé assez maladroitement sur le bord de mon assiette.

Je suis allé m’assoir. J’ai dégainé mon téléphone pro que j’ai posé sur la table. Je l’ai bidouillé de la main droite, pour vérifier que les messages entrants ne commençaient pas à vomir hors de la boite de réception.

En même temps j’ai attrapé ma serviette de la main gauche. Une serviette jaune.

Elle était fraiche.

Ça m’a surpris alors j’ai quitté des yeux le téléphone et regardé la serviette.
C’était la tranche de fromage…

samedi 28 avril 2012

Glissement


5h du mat, mais je n’ai pas de frissons…

Semaine de courtes nuits. Réveils entre 2h30 et 5h00. J’ai donc essayé de me coucher tôt toute la semaine, entre 22h30 et 23h30. Comme d’habitude dans ces cas-là,  je tente d’identifier la cause du trouble. C’est relativement facile… Ma motivation professionnelle a grandement diminué. La nouvelle organisation ne me convient pas. Nouveau découpage géographique et nouvelle structure hiérarchique sont tous les deux démotivants. Sur le papier, je couvre beaucoup moins de pays et plus de produits. Dans la réalité des faits, j’ai toujours des dossiers à traiter pour la même (très grande) zone mais comme je ne suis plus « responsable » de beaucoup d’entre eux, je n’ai pas de raison – ou l’espoir - de m’y déplacer et je passe mon temps devant mon pc à recevoir et envoyer des messages.

Les nouveaux produits ne sont pas non plus dans le core business (ceux qui travaillent dans le marketing ou la vente saurons ce que cela signifie) et il faut développer beaucoup d’efforts pour que le réseau commercial trouve motivation à les vendre et que le « top management » accepte de financer les études qui permettent de les faire évoluer. C’est ce que j’appelle un environnement professionnel hostile.

Difficile de comprendre pour une personne extérieure à ce domaine, en voyant un cadre bien payé avec une belle voiture de fonction, qu’il parle d’environnement hostile. Pourtant, la pression est réelle, quotidienne, envahissante. La pénibilité du travail n’est pas physique mais néanmoins réelle. L’opérateur sur machine ne comprendra pas : « De quoi te plains-tu ? T’es bien payé, tu es confortablement assis dans ton bureau, tu n’es pas obligé de surveiller tes dépenses chaque fin de mois ! ». Certes. Je pourrais préciser que le bureau est sans fenêtre et que passer ses journées devant un écran d’ordinateur à la lumière des néons est fatiguant. Je pourrais aussi préciser que je mets essentiellement de l'argent de côté pour payer les impôts et qu'à la fin de l'année je repars à zéro. Il pourrait me répondre que passer ses journées devant une machine parfois bruyante, parfois avec des matières malodorantes, parfois à une température élevée, parfois tout à la fois et bien plus, est certainement bien plus fatiguant. Bien sûr. C'est évident. C'est pénible et mal payé. Mais la fatigue dont je parle n’est pas physique. Elle est mentale. L’usure est mentale, psychologique.

Etre sous pression permanente – objectifs, résultats – solliciter en permanence – messagerie, téléphone, BlackBerry, ordinateur portable – est usant. Beaucoup le diront.
Car il semble que nous soyons nombreux parmi « les cadres » à supporter de plus en plus difficilement cet état de fait, que le bien fondé de tout cela nous paraisse moins évident. Mais l’avouer est une faiblesse, c’est se placer dans la position du maillon faible. Et le maillon faible n’a pas sa place dans les organisations de ce type.Et puis comment stopper la machine ? Comment faire pour changer de "niveau de vie" ? Comment convaincre les autres que la qualité de vie sera meilleure en possédant et dépensant moins ? Je me vois bien expliquer ça aux enfants. J'y pense mais n'ai pas la solution. Alors il faut atténuer ce mal-être.

Je n’ai pas de support « médicamenteux », je n’en veux pas. J’ai réagi différemment, je l'ai expliqué. J’ai fait glisser mes centres d’intérêt, ma motivation vers autre chose. J’ai d’abord supprimé complètement alcool et cigarettes vers Noël. Ce sont des béquilles insidieuses. Je me suis lancé dans une pratique que l’on pourrait qualifier d’excessive du sport (activité quasi quotidienne à base de course à pied, natation, VTT). Je lutte pour que mon travail n’envahisse plus ma vie de famille et mes loisirs sportifs. La vie de famille n’est pas toujours calme et réconfortante. Le sport l’est toujours. C’est l’assurance de satisfaction, de soulagement, de bienêtre.
Certains amis ne me prévoyaient pas tenir plus d’un mois à ce rythme. Ils se sont trompés. C’est une drogue. Un jour sans sport (une fois par semaine, parfois deux à cause du travail) est une sensation de manque. Je ne suis pas devenu un athlète pour autant. Mais j’ai une condition physique, une résistance, une endurance, des performances accrues. J’ai trouvé un moyen de me dépasser. Je lutte contre quelque chose que je peux vaincre : les douleurs (la pratique du sport et parfois douloureuse. J’ai couru 23 km le week-end dernier, mes genoux de 48 ans m’ont obligé à trouver des mouvements souples qui les ménagent !), le découragement (1h30 de course dans le vent et la pluie oblige à lutter contre le désir de s’arrêter, la longue côte boueuse en VTT est épuisante et paraît infranchissable).
C’est une façon de se réaliser. C’est une satisfaction avant, pendant et après.

Afin d’aider les autres à exister, pour les soutenir, il faut déjà être capable d’exister soit même et être stable.

J’ai faim. J’ai souvent faim maintenant ! Je vais prendre mon petit déjeuné

Je laisse la lumière allumée, je repasserai un jour.

vendredi 17 février 2012

Perspective


Cadette-majeure va partir l’année prochaine à 10h d’avion d’ici pour ses études. Comme il est difficile de dire « bravo ma fille, c’est bien tu as raison, bouge ! » tout en pensant «on ne va pas se voir beaucoup l’année prochaine, c’est si loin, je suis mort d’angoisse ! ».

Grande-majeure traine des pieds pour suivre les leçons de code. Tel que c’est parti, son jeune frère aura son permis avant elle. Passage par pôle emploi cette semaine pour trouver un stage. Un stage pour finir l’année et reprendre ses études l’année prochaine. Pourvu qu’elle n’ait pas dans l’idée de partir trop loin… Là, je serai encore bien plus angoissé que pour sa sœur cadette.

Le gars veut s’engager. Il n’a pas bien compris ce qu’était l’armée à 17 ou 18 ans. Il est aussi longiligne que je l’étais à son âge. Pas le genre de physique qui impose le respect. Bon, il fera comme moi, il se débrouillera pour faire face. Dans l’armée sans diplôme. Je ne sais pas ce qu’il imagine trouver. L’esprit trompé par les jeux vidéo. La bravoure, l’aventure, l’esprit d’équipe. Non. Non vraiment non. C’est pas ça mon fils l’armée. Pas quand on y rentre par la petite porte à 18 ans. Toi qui es plutôt fin d’esprit tu vas être surpris. Je ne suis pas anti militariste, pas du tout, ce serait cracher dans l’ancienne soupe, mais ce que tu vas trouver à ce niveau c’est de la violence et de la bêtise. Pas seulement c’est certain, mais en grande quantité. Mais tu n’es pas majeur encore. On va voir comment te faire comprendre à quoi ça ressemble avant qu’il ne soit trop tard…

Miss Ado continue de devenir une jeune femme. Elle a beaucoup de futilités en tête. En plein dedans. Microcosme adolescent déroutant. Un caractère de cochon. Avons-nous parlé d’autre chose que des histoires de copines et copains ? Je cherche…

Bon, c’est par où la piscine  que j’aille me défouler ?

vendredi 10 février 2012

La tourmente

Toujours cette énième restructuration. Un triumvirat de carnassiers aux dents longues a pris le contrôle localement. Ils ont profité de la complexité qui règne dans la structure. Comme le RH en fait partie, celui qui s’oppose finit par ployer … ou disparaître. Je vais devoir ployer… ou disparaître !!

Même écho de certains de mes amis dans des secteurs et des postes totalement différents. « Marche ou crève », c’est la doctrine en résumé. Harcèlements subtils que l’on peinerait à présenter devant un tribunal. « Ferme ta gueule » camarade et n’amène pas tes problèmes chez toi, m »nage ton entourage proche. Il a besoin de ton soutien, pas de tes jérémiades.

Comme le milieu du travail devient malsain… Et il me semble que cela ne va pas s’améliorer…

Que l’avenir nous soit clément.

mardi 7 février 2012

Froid ?

Oui certes.
Mais n’exagérons rien, du moins par ici. Il fait froid oui, mais nous sommes en hiver. Nous avons frôlé les -15°C. Ce n’est pas le premier hiver. Tout devient exceptionnel de nos jours. On découvre des choses. Il fait parfois très chaud en été et parfois très froid en hiver. Non, c’est pas vrai ! Vague de froid sans précédent…  Mon postérieur, oui. Absurdité de la notion de « normales saisonnières ». Echantillon faible d’une population (de valeurs) très dispersées. Par exemple, pour Lyon on peut voir : le 15 février 1958, 21,9°C et le 14 février 1929, -22,5°C. Il devrait faire au minimum -10°C aujourd’hui…
C’est curieux cette virginité de la mémoire. Animaux sans mémoire, vivant au jour le jour, noyés sous une quantité d’information dont rien ne reste. C’est dangereux d’oublier…

Peut-être peut-on essayer de se souvenir de ça : Nous sommes au XXIe siècle, en France. Et il y a toujours des gens qui ne mangent pas à leur faim, d’autres qui ne peuvent pas se chauffer – les mêmes parfois – et d’autres encore qui meurent dans la rue.

Sinon ? Enième restructuration du groupe et comme le disait un homme politique, nous étions au bord du gouffre, nous avons fait un grand pas en avant…

Que l’avenir vous soit clément.

dimanche 22 janvier 2012

Passage

Pas vraiment de changement avec grande-majeure. Elle n’est pas retournée au centre. Je ne suis de toute façon pas sûr que c’était celui qui lui convenait le mieux. Plus de traitement non plus mais toujours des rendez-vous hebdomadaires avec un psy. Le traitement lui causait des douleurs physiques qui la gênaient même pour dormir. Nous avons eu le secret espoir qu’elle allait se tenir à un objectif – aussi modeste soit-il – passer son code et son permis. Espoir vain, elle a manqué les dernières séances. Elle m’a à nouveau  volé à de l’argent. Nous sommes donc dans une situation similaire à celle que nous connaissions avant les vacances d’août. Tout n'es pourtant pas noir. Elle rit et s'intéresse à des choses de temps en temps. Elle lit beaucoup. Elle n'est pas prostrée.

Le garçon travaille mal. Il subit les cours. Il est aimable, de bonne compagnie, parfois drôle et s’il n’allait pas dans le mur, tout serait parfait. C’est triste de voir un garçon bien loin d’être stupide être en échec scolaire.
La jeune fille travaille mal. Non très mal. Elle ne subit pas les cours car elle aime rencontrer ses copines et copains au collège.  L’année ne sera pas rattrapable, c’est trop mauvais. A-t’elle des déficiences intellectuelles ? Il ne me semblait pas.

Deux enfants sur quatre en échec scolaire c’est beaucoup. Ils sont d’un milieu plutôt favorisé, socialement parlant et les problèmes de leur sœur aînée ne peuvent pas tout expliquer. Leurs parents ont certainement une grande responsabilité là-dedans mais ce système scolaire minable n’y est pas pour rien. Minable pas par la faute des enseignements – bien que comme partout il y ait des vrais nuls ici aussi mais ils ont une minorité – mais par sa conception et ses moyens. Ce n’est pas « marche ou crève », c’est « suit ou crève ». Quand on voit les résultats des micro-lycées, on peut légitimement se poser des questions sur ce que devrait être une forme d’enseignement qui donne effectivement ses chances à tous. Mais c’est inapplicable. Pas assez de moyens, trop cher. L’enseignement va mal et ça ne va pas s’arranger.
L’industrie va mal aussi. "On" s’en rend compte maintenant que l’on est en période électorale. L’industrie française qui se réduit comme peau de chagrin. Et c’est la faute des patrons, pas des politiques, évidemment. C’est tellement plus facile comme ça.
L’emploi est une priorité. Bien sûr. J’ai beau chercher je n’ai entendu aucun de nos candidats nous expliquer comment il allait créer des emplois.  A part le souhait exprimé par l’un d’entre eux de créer des postes d’enseignements – ce qui est une bonne chose en soit - mais encore faudra-t-il trouver un moyen de les payer ces enseignants…
J’entends parler de taxes que l’on va créer (transactions financières, TVA sociale...), d’autres que l’on va supprimer, de troisième dont on va changer la répartition. C’est beau les mathématiques. Et ça va générer des emplois ? Les industries qui ont disparu vont renaître, les entreprises qui ont quitté la France vont revenir ? C’est vrai que nous sommes les premiers consommateurs d’antidépresseurs, il serait bon de diminuer les doses afin d’arrêter de planer… A moins que personne ne croit vraiment à ces discours… Et dans ce cas écouter des conneries et être pris pour des cons ne nous fait même plus réagir... c'est grave.
La cadette est volontaire. Elle avance. Elle est lassée de la fac et de ses cours trop peu nombreux à son goût. Sans parler des horaires. Une heure à l’ouverture puis plus rien jusqu’à 18h00… Elle écrit, cherche des stages, a des entretiens. Elle m’épate cette jeune femme.

Quant à moi j’ai changé de vie. Plus de cigarettes depuis avant Noël (arrêt brutal, il n'y a que ça de vrai) et plus d’alcool depuis le nouvel an. Environ une heure de sport 6 jours par semaine (soit 10km, soit la piscine). Je tiens. On verra si le corps vieillissant résiste à ce rythme.

Finis aussi les sites de rencontres et les rencontres. Juste une seule personne. On prend le bonheur comme il vient. Nous sommes tous les deux d’accord sur ce point. Pas de projet. Juste partager des  moments agréables à deux ou plusieurs.



Et puis plus vraiment envie d’écrire.

jeudi 1 décembre 2011

Absence

Le temps passe vite, très vite.
Pas beaucoup de changements dans ma vie. Enfin si, mais rien d'important. Ou si peu.
Grande majeure ne semble pas aller vraiment mieux. En janvier, après les fêtes, elle retournera sans doute à la clinique.
Quant à ma vie... oui, on pourrait en raconter des morceaux... une vie de célibataire proche de la cinquantaine. On verra.